Apprendre une langue sans se ruiner

Après deux témoignages sur les échanges universitaires il était important d’apporter des clés pour pouvoir postuler à ces échanges. en effet,  il est préférable d’avoir un bon niveau dans les langues du pays concerné ou en anglais pour d’autre pays.

Apprendre une langue étrangère en restant chez soi est une chose qui est possible et qui peut même s’avérer agréable. Voici le secret de cet apprentissage :

« S’immerger dans la langue » 

je vous entend déjà : Mais n’importe quoi ! comment peut-on s’immerger en restant dans son quartier? Pas de panique !  il faut juste connaitre les trucs et astuces que je vous dévoile (oui je suis généreuse). L’objectif est alors de vous créer un environnement ou vous baigner dans la langue que vous désirer apprendre.

[ L’option : j’aime mon canapé ]

  • les films et série, dans la langue que vous désir, ce conseil est le plus fréquemment  donné mais souvent mal appliqué il est préférable de le décliner en 3 niveaux d’évolutions:
    • audio et sous titre vf
    • audio et sous titre de la langue désirée
    • audio et c’est tout

j’ai aussi découvert la chaîne 680 sur freebox qui est une chaîne japonaise qui parle tout doucement en anglais assez facile pour comprendre mais bon les sujets abordés ne sont pas passionnant.

 

  •  les livres, et oui il existe des livres bilingues et des livres dans toute les langues. les empreints sont plus faciles dans les grandes villes avec de grandes bibliothèques mais via les sites d’achat en ligne vous pouvez acheter et revendre vos livres facilement. cette astuce se décline aussi en deux étapes.
    • livre bilingue
    • livre dans la langue désirée

 

  • la musique, on écoute tous de la musique en provenance d’un peu partout dans le monde en appréciant le rythme mais sans vraiment comprendre le message ! j’ai longtemps aimé le RAP américain jusqu’à ce que je comprenne le contenue des paroles. L’astuce est de lire la musique, sur youtube prenez la version « lyrics » pour entendre et lire en même temps les paroles. Vous allez butter sur les mots ou les expression mais vous pouvez utilisez un traducteur et si vraiment ça n’a aucun sens pour vous des sites peuvent vous aider. Comme vous allez la réécouter plusieurs fois cela va faire travailler votre mémoire et vous apprendrez plus facilement. astuce plus: choisissez les chansons commercial passant à la radio, vous avez plus de chance de les entendres en boucle. 

 

  • les applications et site internet  tel que busuu, duolingo, Mondly etc…  qui sont les plus célèbre et gratuite. Pour avoir essayé avec le niveau d’entrainement le plus élevée et avoir fini l’application on apprend pas tant que ça MAIS c’est un petit plus qui va se rajouter aux autres astuces mise en place et ça vous apportera toujours plus que candy-crush .

[ L’option frendly ]

  • les groupe « Exchange Language », vous pouvez en trouver un paquet sur les réseaux sociaux vérifier bien l’actualité de la page, c’est souvent des initiatives bénévoles parfois la page existe mais le groupe est mort depuis longtemps. je vous conseil de privilégier les applications prévue à cette effet tel que « metup »  « couchsurfing » ou « conversation exchange ». Après test , c’est vraiment super! dans un bar ou autour d’un pic-nique vous porter un badge avec la langue que vous souhaitez pratiquer et un native du pays vous parle alors dans sa langue sur tout les sujets.

 

  • faire du couchsurfing, option super sympa dont le seul pré requis est d’avoir un canapé a prêter.  Une fois inscrit sur le site vous pouvez prêter votre canapé a des voyageurs passant en France et partager un moment avec eux souvent cela se traduit par de la cuisine. Cette option est d’une richesse incroyable d’autant plus qu’en retour vous pourrez a votre tour aller tester les canapé dans les autres pays.  Faite le choix de ne choisir que des voyageur étranger et non francophone pour être sur de parler la langue que vous désirez.

 

  • la colocation, option un peu plus dur à trouver, souvent les expatrier se retrouve entre eux et donc habitent entre eux. l’idée est alors d’entrer dans une colocation ou les colocataires parlent tous la langue que vous désirer apprendre. une fois encore les réseaux sociaux son vos amis et les groupe facebooke type ‘los espagnoles de paris »  pourront vous aider.  double bénéfice ils ont des amis vous allez alors pouvoir vous construire tout un réseaux.

 

  • les loisirs, l’objectif est de joindre l’utile a l’agréable si vous avez  prévue de faire du sport, choisissez un sport originaire du pays ou vous souhaitez parler la langue. c’est une option plus risquée mais il y à plus de chance pour que vous rencontrez des natives .Si pour le karaté en France on ne trouve pas vraiment de japonnait dans les club, parfois, dans les cours de danses latines on peu  se retrouver avec des sud américains.  J’ai aussi réussi a trouver des cours de théâtre en anglais .
  • la correspondance,  et vous pouvez toujours reprendre contact avec votre correspondant de Canterbury quand vous étiez en 5 eme, mais faut-il encore en avoir un bon souvenir et que l’adresse soit encore valable. sinon il existe des sites spécialiser dans la correspondance à travers le monde comme ce site réservé aux étudiants ou d’autre dans ce genre . je vous cache pas que ça fait un peu « club rencontre » passé l’âge d’être étudiant, et les lettres à l’heure d’internet c’est assez spéciale.

Elise

Mon année de césure au Canada – échange à l’Université de Montréal

En juin 2015, à la fin de ma deuxième année d’études, j’ai eu le plaisir d’apprendre que ma candidature pour l’échange en Psychoéducation à l’Université de Montréal (UdeM) avait été retenue.

L’IFP de la Pitié-Salpêtrière possède plusieurs partenariats avec des universités à l’étranger, notamment à Buenos Aires et à Montréal. Cette même année, nous avons été quatre étudiantes à profiter de ce « bonus » dans notre cursus. La filière en Psychoéducation, « bio-psycho-sociale » comme elle se veut être répertoriée, comprend des domaines d’études aussi variés que la psychomotricité ; seulement, le vécu corporel n’y est pas considéré… Rien à voir donc. Mais voilà : un échange représente selon moi beaucoup plus que des études ; c’est une expérience de vie intense, à la rencontre de ses propres limites qui pousse à évoluer.

C’est un désir d’expérimentation, de changement et de maturité qui m’a poussée à candidater puis à sauter le pas et partir.

Aborder un point de vue différent sur l’humain et un autre système de soin a constitué mes apprentissages majeurs à l’université. J’ai pu choisir différents cours entre les trois années du cursus de Baccalauréat (équivalent Licence en France) sachant que pour exercer en tant que Psychoéducateur ensuite au Québec, il faut aller jusqu’à la Maîtrise (équivalent Master en France).

J’ai découvert un autre système pédagogique, d’une grande richesse : les étudiants sont placés au même plan que les professeurs, et la transmission se fait (parfois) selon un réel échange à double sens. Je retiens surtout deux cours aux contenus particulièrement enrichissants pour la future psychomotricienne que j’étais : Relation psychoéducative, qui étudie les courants humanistes de la relation de soin (une simple option il y a deux ans) et Intervention en contexte autochtone, qui à première vue s’élabore autour d’un contexte très spécifique (auprès des populations des réserves ou émigrées à Montréal) mais la professeure est parvenue à l’élargir pour nous faire approcher un concept fondamental en psychomotricité : celui de la rencontre avec l’autre, un être différent, culturellement parlant certes, mais comme peut déjà l’être mon voisin finalement… Les grands enseignants sont avant tout des individus d’une grande humanité et humilité ; ce ne sont plus les disparités de domaines qui comptent alors mais bien le partage des visions sur lesquelles nous rejoignons une forme d’universalité de considération de l’humain et de son existence. Deux très belles rencontres, vous l’aurez compris !

je n’ai qu’une recommandation : oser ! Oser partager, parler de cette profession qui nous passionne, de ce que l’on a appris à faire, à voir chez l’autre et qui peut compléter des besoins que l’on ne sait pas encore existants parfois. À ce titre, il est important de communiquer, avec les concepts utilisés et compris sur place, ce qui demande une adaptation du vocabulaire et des méthodes, ainsi qu’une bonne compréhension du fonctionnement des milieux universitaires et de soins à la population. Pour donner un exemple tout à fait personnel, j’ai recontacté une de mes professeurs à la fin de cette troisième année pour lui envoyer mon mémoire. Cet échange spontané, un an après notre simple rencontre prof-étudiant a, par de multiples détours, amené une de nos collègues à Montréal à assister à un regroupement de recherche transdisciplinaire en pratique participative.

Ensuite, pour ce qui est des opportunités de travail, les psychomotriciennes expatriées sauraient mieux vous en parler, mais voici les éléments que j’ai retenus. Nous pouvons être recrutées comme « faisant fonction d’éducatrice », mais pas comme psychomotricienne en tant que telle dans les structures publiques de soin. Cela requiert un ordre professionnel, et le milieu administratif québécois est particulièrement tatillon dans ce domaine. Par contre, des postes ont été créés par des collègues présentes depuis plus ou moins longtemps dans des centres et associations privés, ainsi qu’auprès d’écoles. Il semble que nous ayons également à gagner à nous faire connaître auprès des structures communautaires en se portant bénévole dans un premier temps. Nous avons été recrutées avec la deuxième étudiante en échange comme bénévoles-stagiaires au sein d’un des seuls centres dirigés par une psychomotricienne à Montréal. Une belle expérience très formatrice également, durant laquelle nous avons eu presque carte blanche pour monter trois groupes de psychomotricité avec des jeunes enfants TSA entre 2 et 6 ans, et ce sur une période de trois mois. La rédaction des comptes-rendus à la fin nous a demandé de moduler notre façon de faire afin de communiquer avec les parents et l’équipe en trouvant un langage commun. Cela n’est pas évident, mais primordial !

A mon sens, un des obstacles à l’exercice des psychomotriciens au Québec est la demande de pratiques « basées sur les preuves ».

Cependant, les psychomotriciens peuvent peut-être participer à la revalorisation du subjectif comme élément de connaissances, afin de ne pas renier des aspects émotionnels et relationnels difficilement mesurables. Le courant humaniste à ce titre peut surement être une bonne source d’inspiration, reconnue dans les pratiques psychosociales au Québec. Un grand intérêt est aussi présent culturellement autour de tout ce qui concerne les pratiques corporelles (yoga, qi gong, etc.) mais elles ne sont pas reprises dans le domaine du soin. Toutefois, de nombreux étudiants, professeurs et professionnels commencent à s’intéressent à la méditation, car pratique prouvée scientifiquement depuis peu et appartenant à ce qui est appelé la troisième vague en thérapie cognitivo-comportementale.

Enfin, concernant les aspects personnels, j’ai eu l’opportunité de participer à la troupe de danse de l’UdeM durant toute l’année avec un spectacle final génial (grâce à la grande écoute et sensibilité du chorégraphe Sébastien Provencher) reproduit en festival à la rentrée 2017, de participer à des ateliers de méditation hebdomadaires à l’université, de découvrir l’Ostéoyoga. Certaines rencontres ont été forte comme celle de mon compagnon qui m’a rejoint en France. Malgré le grand respect (j’insiste) des québécois, intégrer un groupe d’étudiant n’a pas été facile. Montréal reste une ville superbe, accueillante et où je me suis sentie « libre » (surtout en tant que femme) ; l’hiver y est difficile, même pour les natifs, mais elle offre de belles particularités et surtout, le Québec qui l’entoure est une ressource intarissable de voyages uniques et inoubliables.

Pour ce qui est de la psychomotricité, je ne l’ai à aucun moment perdue de vue. Au contraire, confronter mon regard à celui d’autres professionnels m’a permis de prendre conscience de mes spécificités. Cette année en plus du cursus classique, m’a permis de « digérer » mes deux années précédentes, cette respiration n’en a été que plus bénéfique pour l’aboutissement qu’a constitué ma troisième et dernière année. J’en suis revenue d’autant plus convaincue et éclairée sur les directions que je souhaite désormais prendre ; j’ai déjà commencé à en suivre quelques-unes !

Lucie Pifteau

l.pifteau@gmail.com

 Propos recueillies par Elise

L’Erasmus en psychomotricité aux Pays bas

 De mon expérience, et de ce que j’ai pu observer aux Pays-Bas, l’exercice de la psychomotricité à la particularité de se rapprocher plus du métier d’APA (activité physique adaptée). En effet la psychomotricité est une discipline très axée sur le sport. Pour exemple concret, on peut prendre le concours d’entrée dans la filière de psychomotricité, et la sélection se fait sur des épreuves sportives, en fonction des performances ainsi que sur le dossier scolaire du Lycée (mais il représente un coefficient moins important).

Ensuite, la première année est un tronc commun avec l’équivalent de la formation STAPS en France. Puis les étudiants ont accès à différentes spécialisations en deuxième année dont Psychomotricien (Psychomotorische Therapie en Beweginsgagogie= Thérapie psychomotrice et pédagogie du mouvement). Ils suivent un cycle de 4 années d’études et la psychologie n’est abordée qu’en dernière année, à ce moment, il semble que certains étudiants sont plus réceptifs et décident d’intégrer cet apport de la psychologie dans leur pratique et d’autres préfèrent avoir un exercice plus axé sur le côté sportif. Ces derniers représentaient la majorité dans le groupe d’étudiants que j’ai côtoyé sur place.

Une autre spécificité est le regard porté sur le patient, et la façon dont se positionne le psychomotricien par rapport à lui. On ne parle pas de patient mais de client, c’est à partir de sa (ses) demande(s) que l’on établit le projet thérapeutique, il n’y a pas de bilan psychomoteur. En tant que psychomotricien(ne), vous pouvez être amené à travailler avec différentes populations : enfants ayant des difficultés de développement placés dans des écoles/collèges spécialisés, adultes en psychiatrie/addictologie, toute forme de handicap moteur et/ou mental, personnes âgées dans les maisons de retraite (cette liste n’est pas exhaustive, il s’agit seulement des lieux de stage où j’ai pu me rendre). La prise en charge groupale est privilégiée par rapport à la prise en charge individuelle et le lieu d’exercice est le plus souvent un grand gymnase où l’on pratique exclusivement des médiations sportives adaptées au patient/client. Il faut savoir également qu’il existe assez peu de postes de psychomotriciens aux Pays-Bas et qu’il y a plus de demande d’emploi que d’offres.

  • Confrontation avec ma vision Française de la psychomotricité

Au départ,  je dois avouer que cela a été difficile, j’ai eu une première réaction de rejet, pour moi ce n’était pas de la psychomotricité, en tout cas pas comme on me l’avait enseigné en France, et je ne voyais pas la différence avec le métier d’APA, je trouvais cette vision du métier très réductrice. Puis, en vivant au quotidien avec cette nouvelle culture, j’ai pu voir plus loin que les premières apparences, j’ai compris que la façon d’exercer la psychomotricité était en lien avec la culture du pays. Aux Pays-Bas le sport a une grande importance dans le quotidien, il peut même être considéré comme un médicament « miracle ». Il existe également dans cette culture un besoin de pragmatisme un peu anglo-saxon, les mentalités sont plus orientées vers un paradigme positiviste (rationalisation, corps moteur) que phénoménologique (subjectivité, corps de l’être au monde), mon impression est que les pays méditerranéens sont plus ouverts de façon générale à une vision plus holistique.

« La définition du métier de psychomotricien(ne) s’adapte aussi aux besoins et aux demandes de la population qui s’inscrivent dans une culture donnée » 

 Si cette,pratique  était proposée de la même façon qu’en France, il n’y aurait peut-être plus aucune demande, ce serait trop éloigné culturellement, trop holistique, phénoménologique.

  • Expérience d’expatriée, vie Erasmus

J’ai trouvé cette expérience incroyable, elle m’a façonnée et a grandement participé à mon développement aussi bien personnel que professionnel. J’ai pu découvrir différentes cultures, expérimenter une plus grande ouverture d’esprit. Une autre notion centrale pour moi dans cette expérience est le « vivre ensemble », nous étions environ 80 étrangers dans le même immeuble et regroupant une vingtaine de nationalités différentes, je me suis sentie très entourée, il y avait beaucoup d’entraide dans cette communauté Erasmus, j’ai ressenti un grand sentiment de cohésion groupale (même si il s’agit d’un groupe très grand), j’ai pu faire l’expérience d’une vie communautaire en quelque sorte. Une vie où l’échange est le maître mot, mais aussi la fête, il faut bien l’avouer, je suis revenue avec beaucoup de très bons souvenirs.
Globalement les conditions de vie n’étaient pas très différentes de la France, je ne me suis pas sentie trop « dépaysée », mais j’ai pu adopter de nouvelles habitudes : prendre le vélo pour tous les déplacements, ce que j’ai trouvé beaucoup plus agréable que les transports parisiens pour ma part, mais aussi le rythme des repas pouvant varier selon la nationalité de la personne avec laquelle on mange. Les deux extrêmes sont représentés par les Néerlandais d’une part qui mangent très tôt, à 18h, et les Brésiliens ou Espagnols d’autre part qui mangent très tard vers 23h. Ma vie sur place était très agréable, je n’ai pas eu de « mal du pays » (excepté pour le fromage et le pain bien entendu).
Il y a aussi la notion de temporalité éphémère qui « exalte » tout ce qui est vécu. Les journées, les semaines passent très vite et on a conscience que c’est une expérience que l’on ne pourra plus exactement retrouver plus tard, ce qui semble multiplier la force des émotions ressenties.

  •  l’expérience de stagiaire psychomotricienne :

Même si je garde ma façon très française d’exercer la psychomotricité, j’ai pris certaines habitudes de leur façon d’exercer :
➢ La rigueur de l’auto-évaluation aussi souvent que possible,
➢ Une demande de « retours », d’évaluation de la part des patients (pour ma part seulement avec les adultes en groupe),
➢ L’organisation et la préparation rigoureuse pendant l’élaboration d’un nouveau groupe de thérapie.
➢ Quelques nouvelles idées de médiations corporelles

  • l’expérience d’expatriée :

➢ Une ouverture sur le monde, les différences culturelles, et en même temps ce qui nous est commun.
➢ Une réflexion sur ma propre identité et la place de la culture française dans mon identité.
➢ Une réflexion sur la définition de la psychomotricité, qu’est-ce que c’est pour moi ?et qu’est-ce que ce n’est pas ? de quelle manière je souhaite exercer ce métier ?
➢ Un bagage en expression orale pour l’anglais,
Et des amis tout autour du globe ainsi que des souvenirs précieux !

 

Clémentine

clementine.lefessant@hotmail.fr

Petit rappel :  Aujourd’hui en France, seule l’école de l’ISRP propose un programme Erasmus. Cependant, d’autres écoles comme la Pitié Salpêtrière ou IFP de la Réunion accompagne leurs étudiants à avoir une expérience à l’étranger.

Site de l’université en question dans ce témoignage

 Propos recueillis par Elise

Aide Financière aux stages à l’étranger

Un échange à l’étranger c’est sûr, c’est enrichissant. Jeux de mot oblige, la mobilité internationale a malheureusement un coût qui n’est pas toujours abordable quand on est étudiant. Cependant, il existe des aides et astuces auxquels un étudiant peut avoir recours afin de financer une partie de son projet. En voici quelques exemples.

Erasmus

L’étudiant doit démarcher le service des relations internationales de son établissement un dossier de demande d’aide à la mobilité, accompagné d‘un projet de séjour d’études ou de stage à l’étranger.

Les candidatures sont sélectionnées par le président d’université ou le chef d’établissement, en fonction :

  • de la qualité et de l’intérêt pédagogiques des projets individuels des étudiants.
  • de leur conformité avec la politique internationale menée par l’université ou l’établissement.

Ils décident également du nombre de mensualités qui seront accordé à chaque candidat retenu. Il faut se renseigner, suffisamment tôt avant le départ, sur les délais nécessaires à l’instruction des dossiers.

Démarche administrative
Formulaire d’inscription pour s’inscrire en Erasmus, il faut remplir le formulaire (« Application Form ») de l’université d’accueil. Chaque université d’accueil a ses propres dates limites et procédures d’inscription.
Critères d’admissibilité en Erasmus
Renseignez-vous au bureau des relations internationales pour connaître les critères d’admissibilité qui sont propres à chaque établissement.

Voici ci-dessous une liste exhaustive de critères retenus par certaines universités en France:

  • Bon comportement général, assiduité, motivation et autonomie
  •  Moyenne scolaire : 12
  •  Moyenne de stage : 12
  •  Connaissance d’une 3ème langue (minimum niveau bac pour l’espagnol et l’allemand)
  •  Une sélection finale est parfois appliquée après les résultats des partiels

il est conseillé d’ajouter un test de langue reconnue le TOEIC ou le TOEFL

  • TOEIC : 750 minimum de moyenne pour être accepté dans certaines Universités
  • TOEFL : Une note supérieure à 100/120 sera la plupart du temps réclamée à l’entrée des plus prestigieuses universités anglophones.

Contrat d’études

Avant le départ, le contrat d’études doit être signé par l’université d’origine, l’université d’accueil et l’étudiant. Ce contrat détaille les cours qui seront suivis par l’étudiant lors de l’année de mobilité, ainsi que les crédits (ECTS) qui s’y attachent.

Attestation de présence Erasmus. Ce document atteste de la période de mobilité de l’étudiant Erasmus.

Relevé de notes

A la fin de la période d’études à l’étranger, un relevé de notes est remis par l’université d’accueil à l’étudiant et à l’université d’origine.

plus d’information : https://www.erasmusplus.fr/

 

CROUS Aide à la mobilité internationale

Le CROUS, peut être sollicité pour les étudiants inscrits dans un établissement français, et partant à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échanges ou d’un stage à l’étranger. Le montant de l’aide à la mobilité internationale est de 400 euros mensuels.

L’étudiant transmet au service des relations internationales de son établissement, sous forme de dossier, une demande d’aide à la mobilité accompagnée d’un projet de séjour d’études ou de stage international.

Le chef d’établissement retient les candidatures en fonction de la qualité et de l’intérêt pédagogique des projets individuels des étudiants et de leur conformité avec la politique internationale menée par l’établissement. Les noms des candidats retenus, ainsi que le nombre total de mensualités qui leur est accordé, sont immédiatement transmis par l’établissement au Crous de l’académie qui assure la gestion financière des aides à la mobilité internationale.

La durée du séjour aidé de l’étudiant à l’étranger ne peut être inférieure à deux mois ni supérieure à neuf mois consécutifs. Au cours de l’ensemble de ses études supérieures, l’étudiant ne pourra pas bénéficier d’une aide à la mobilité cumulée supérieure à neuf mois.

Il faut être titulaire du baccalauréat, être inscrit en formation initiale, suivre une formation reconnue par l’Etat, avoir moins de 28 ans ou ne pas avoir interrompu ses études à partir de 28 ans, être de nationalité européenne.

Plus d’information : http://www.etudiant.gouv.fr/cid97582/crous-cnous-qui-sommes-nous.html

 

La FSDIE (  fond de solidarité et de développement des initiatives étudiantes)

La démarche commence aussi auprès de son bureau International, le dossier comprend les documents suivants :

  • lettre de demande d’aide financière indiquant vos coordonnées avec un email

 

–       lettre d’acceptation de l’établissement partenaire

–       photocopie de la pièce d’identité

–       photocopie de la carte vitale

–       certificat de scolarité de l’année en cours

–       RIB à votre nom et prénom

–       avis d’imposition (le vôtre ou celui de vos responsables légaux)

 

Si vous êtes boursier sur critères sociaux: notification de bourse sur critère sociaux de l’année en cours.

 

Une commission qui analyse votre dossier se tient tous les mois et vous donne votre réponse par mail dans le cas où elle est positive vous devez envoyer vos conventions signées par toutes les parties.

 

Les aides des conseils régionaux / Mairie

 

Se renseigner auprès de son conseil régional et de sa Mairie, de votre école et de votre lieu de résidence principale (multiplier vos chances).

Bourse CIERA : Master 2 recherche en Allemagne

Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur l’Allemagne (CIERA) offre une aide de 610 euros pour un séjour de recherche d’un mois en Allemagne à un étudiant inscrit en Master 2.
Le dossier de candidature qui doit être envoyé chaque année avant la mi-décembre est composé comme suit :

  • Une lettre de motivation présentant les raisons de la demande et un projet professionnel (1 à 2 pages non manuscrites) ;
  •  Un curriculum vitae ;
  •  La présentation du projet de recherche préalablement située par rapport à la bibliographie existante (4 à 6 pages) ;
  •  Le programme de travail du séjour de recherche justifiant la nécessité d’une présence à l’étranger ;
  • Une lettre de soutien motivée du directeur de recherche ;

Plus d’information : http://www.ciera.fr/ciera/

Bourse OFAJ Allemagne

Ce programme s’adresse aux étudiants âgés de 18 à 30 ans, résidant en France, disposant d’une bonne connaissance de l’allemand.


La bourse versée par l’OFAJ s’applique à un stage d’une durée minimum de 4 semaines. Celle-ci s’élève à 300 euros par mois dans la limite de 3 mois. A cela s’ajoute une subvention forfaitaire pour les frais de voyage aller-retour.
La bourse de l’OFAJ peut être cumulée avec une aide Erasmus ou une aide du Conseil Régional. En revanche elle ne peut être cumulée avec les aides du DAAD, de l’Université franco-allemande (UFA) ou du CIERA. Dans le cas d’un stage rémunéré, si le montant de la gratification dépasse 800€/mois, aucune bourse ne pourra être attribuée par l’OFAJ. Si la gratification est inférieure à 800€/mois, l’OFAJ accorde la différence, dans la limite toutefois de 300€ maximum par mois.

Le boursier s’engage à présenter à l’OFAJ un rapport détaillé à l’issue du stage dans un délai d´un mois après son séjour.

Plus d’information : https://www.ofaj.org/

Appel à la générosité

Cette solution est un peu plus audacieuse mais peut porter ses fruits. Il est aussi possible de faire appel à la solidarité de notre réseau en ouvrant une cagnotte et demander à tout le monde de bien vouloir participer en donnant le montant qu’il souhaite. Expliquer bien, en introduction la raison de cette cagnotte les démarches que vous avez déjà faites et surtout soyez transparent sur son utilisation.

Voici des sites conçues spécialement pour les cagnottes de projet étudiant qui proposent ce type de service.

http://www.eduklab.com/create/

 

 

Elise

10 points pour votre CV à l’international

Pour l’année qui arrive j’ai décidé de prendre une stagiaire, j’ai donc reçu une quinzaine de Cv et lettres de motivation d’étudiants et force est de constater qu’il y avait beaucoup d’erreurs dans la rédaction de ceux-ci. Pour ne pas en faire moi-même dans la rédaction de cet article je me suis armée de :  »  ma sœur » qui a des années d’expériences dans les ressources humaines, elle est intransigeante et clairement rigide sur le respect des normes des Cv et Lm. Voici ce qu’elle m’a appris : 

En moyenne un recruteur passe environ 20 à 30 secondes sur un CV il est alors indispensable de donner une bonne impression au premier coup d’œil.  Les 4 indispensables aussi bien valable en France qu’à l’étranger :

  1. Un titre clair : l’objectif doit vite être identifié
  2. Un agencement organisé (un CV c’est très visuel) cliquer ici pour avoir des idées.
  3. Mettre en avant les éléments de son expérience en lien avec ce que l’on chercher
  4. Décrire ses compétences en étant précis

De plus selon les pays, la culture et les lois en vigueur notamment celles sur la discrimination les normes des CV sont différentes.

*-*  Voici les 10 points à connaitre *-*

  • Ecrire dans la langue du pays

Autant que faire ce peu, si vous postulez dans un pays d’Asie et que votre interlocuteur est anglophone, choisissez l’anglais mais respectez les normes du pays en question. Méfiez-vous des traducteurs de langue qui ne prennent pas en compte la syntaxe et les expressions de politesse. L’idéal est de se faire relire par un natif du pays dans lequel vous postulez.

  •  Inscrire votre niveau dans la langue du pays

Les niveaux de langue ont un classement reconnue à l’échelle européenne, il est possible de passer un test de langue afin de classifier votre niveau. Vous pouvez aussi passer des tests reconnus comme le  TOFEL,  TOÏC.

  • Le nombre pages

En Irlande ou en Nouvelle-Zélande il est fréquent de voir des CV de plusieurs pages,  2 pages est un nombre suffisant pour ne pas ennuyer le lecteur. En Nouvelle-Zélande vous devez aussi mettre une introduction ou vous racontez votre parcours professionnel.

Faites aussi attention au format de page en fonction des pays, les USA,  par exemple, ont un format plus petit, laissez alors plus de marge afin de permettre une impression sans que celle-ci soit coupée.

  • La photo

Les lois relatives à la discrimination à l’embauche demandent de ne pas mettre de photo notamment aux USA, elle est tolérée en Irlande au  Québec et en Australie, cela va même jusqu’à ne pas stipuler votre sexe et la rubrique sur vos loisirs est très limitée.

Au contraire, en Italie la photo est recommandée.

  •  Détaillez

Notre formation et surtout nos expériences seront différentes des chemins classiques des résidents du pays. Il est alors conseillé de détailler ce que l’on a fait en quelques lignes (bilan séance en groupe ou individuel, médiation etc…)

  • Explication du métier 

Notre métier est difficile à expliquer, il l’est encore plus dans une autre langue et dans un autre pays qui n’en a jamais entendu parler. Vous pouvez alors joindre à votre CV ce document qui explique les compétences de notre profession reconnue en Europe.

  • Les recommandations

En Angleterre il est conseillé de laisser le contact d’un ancien employeur ou maître de stage ATTENTION demandez lui son accord au préalable.

  • Prix et bourse d’études

Plutôt apprécié dans les CV américains, indiquez si vous avez été boursier, si vous avez reçu des subventions ou gagné des prix. Indiquez si vous avez participé à la vie de votre université ou de votre ville. En Angleterre une rubrique « Miscellaneous » est à peu près similaire avec la mise en avant de votre esprit d’initiative.

  • Signature du CV

La signature et date du CV à la main se fait en Allemagne avec un état civil détaillé et un CV remontant jusque dans la primaire.

  • Les étourderies

Indispensable de rajouter le numéro de votre pays (+33 si vous êtes en France)  pour le numéro de téléphone et surtout votre mail. Rendez vous disponible par tout autre moyen de communication à distance  comme Skype, viber, whathapp, facetime etc… MAIS créez-vous une adresse simple et professionnelle.

 

Elise

Merci à Alix pour son expertise

Etre psychomotricienne à Boston

Témoignage d’une  Psychomot aux USA

Diplômée depuis juin 2014, j’exerce à temps plein dans une crèche de la région parisienne. Un soir de février 2015, mon compagnon me demande : « Ma boîte est en train d’ouvrir un bureau à Boston, ça me dirait bien d’y aller, qu’en penses- tu ? » Cest un choc pour moi qui ne suis pas voyageuse dans l’âme. Je pense immédiatement à mon métier qui n’existe pas aux Etats-Unis, au fait que mon anglais est assez médiocre et que je supporterais mal l’éloignement avec ma famille. Mais d’un autre côté, je sais que mon compagnon rêve depuis toujours de partir en Amérique, que c’est une belle opportunité pour sa carrière et qu’après tout, je n’ai rien à perdre à sortir de ma zone de confort. Après en avoir discuté avec notre entourage, notre décision est prise : nous partirons à Boston. C’est là que les difficultés commencent.

En effet, pas de départ si nous n’avons pas de Visa et j’insiste bien pour avoir un Permis de Travail, il est pour moi hors de question de ne pas pouvoir exercer. C’est l’entreprise de mon compagnon qui se charge des détails administratifs, il faut remplir de gros dossiers pour justifier le besoin d’employer un français aux U.S. et s’assurer que le Visa qui lui sera délivré me permettra d’obtenir un Permis de Travail. Notre projet de mariage est un peu bousculé et nous nous marrions civilement en août 2015 afin de faciliter l’obtention d’un Visa Dépendant pour moi. Rendez-vous à l’ambassade américaine à Paris en Septembre et nos Visas sont validés et arrivent dans la foulée. Une fois ces précieux papiers en poche, il ne nous reste qu’à définir une date de départ : nous partirons donc le 5 janvier 2016. Il nous aura fallu un an pour être en règle et prêts pour le départ. Une année de doutes quant à mon avenir professionnel aux U.S.

Dès que nous avons décidé de partir, j’ai contacté tous les syndicats de psychomotricité, les directeurs des écoles de formation et toutes les personnes susceptibles d’avoir des informations sur la psychomotricité aux Etats-Unis. Verdict : la psychomot n’existe pas là-bas, mais Jean-Michel Albaret me dit de contacter une psychomotricienne qui a fait reconnaître son diplôme à New-York City. J’ai pu discuter avec elle par Skype et il s’avère qu’elle n’a pas obtenu d’équivalence de diplôme comme je le pensais, mais seulement une équivalence de niveau : 3 ans d’études en France qu’elle a pu faire valider comme un niveau Bachelor. Elle ne pouvait donc pas travailler en tant que psychomotricienne, mais elle était également Instructrice en Locomotion en France, diplôme pour lequel elle a pu obtenir une équivalence américaine lui permettant donc d’exercer ce métier à NYC. J’ai également contacté les hôpitaux de Boston en leur expliquant tant bien que mal ma situation et en rapprochant notre métier à celui d’Occupational Therapist (qui correspond en fait à l’ergothérapie). J’ai pu faire un entretien avec le Boston Children’s Hospital, l’un des meilleurs hôpitaux du monde (Boston est en effet réputée pour ses excellents hôpitaux et universités : Harvard, MIT). La DRH m’a gentiment expliqué que, ne connaissant pas mon métier, ils ne pouvaient m’embaucher et que par ailleurs, pour être soignant (therapist) aux U.S., il fallait un minimum de 4 ans d’études. Malheureusement, sans équivalence je devrais recommencer les études sur place depuis le début. Voyant qu’il serait vraiment difficile de travailler pour les Américains, je me suis rabattue sur la population française. Par chance, mes parents ont des amis expatriés à Boston dont l’une des filles a un retard de développement et ils seront ravis de reprendre un suivi psychomoteur avec moi. J’ai ma première patiente avant même de partir ! Ils me mettent également en contact avec la directrice et la responsable du soutien scolaire de l’International School of Boston (ISB), une école française. Elles se réjouissent d’apprendre qu’une psychomotricienne arrive, elles ont en tête plusieurs enfants pour lesquels la psychomot serait vraiment bénéfique.

La date du départ est arrivée, je m’envole avec mon mari pour une toute nouvelle aventure ! La première chose que nous faisons en arrivant est la demande de mon Permis de Travail (elle ne peut se faire qu’une fois sur place), je dois donc attendre le mois de mars pour pouvoir travailler légalement. En attendant, je rencontre la directrice de l’école qui me propose de travailler dans l’école et dans ce cas-là, je dois passer un CORI-Check : les américains sont en effet très stricts et très prudents sur les personnes travaillant avec des enfants et ce check est obligatoire. Je dois donc aller faire enregistrer mes empreintes digitales et palmaires et envoyer un extrait de mon casier judiciaire au F.B.I. Je reçois les résultats un mois plus tard à peu près en même temps que mon Permis de Travail et me voilà presque prête à travailler : le dernier détail consiste à m’installer en auto-entrepreneur ce qui se fait en quelques clics sur Internet. Deux mois après notre arrivée je réalise ma première séance de bilan !

Les premiers mois filent à toute allure, j’adore Boston qui est une très jolie ville chargée d’histoire : il s’agit en effet du berceau de la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis et les Bostoniens en sont très fiers ! Les gens sont gentils, souriants et indulgents face à mon anglais hésitant. J’arpente la ville dans tous les sens et la connais rapidement par cœur (il faut reconnaître qu’elle n’est pas bien grande). Mon anglais s’améliore à force de regarder des séries, d’écouter la radio, de parler aux chauffeurs d’Uber et de faire des babysittings avec des américains.

Professionnellement, je contacte une deuxième école française, plus petite et plus éloignée que l’ISB, qui me demande de suivre une petite fille pour une question de graphomotricité. Cette fois, le suivi se fera à domicile car l’école n’a pas de salle disponible. Les résultats de la prise en charge sont bons et l’école me demande de faire une formation sur la graphomotricité aux enseignants ! Me voilà, 2 ans après mon diplôme, à former d’autres professionnels; je suis stressée, mais n’ai que des bons retours. Je propose à cette école d’animer un After-School (temps de garderie) et je débute donc en septembre 2016 un groupe d’Expression Corporelle une heure par semaine. Le bouche à oreille fonctionne bien, des parents me contactent sur les conseils d’autres parents, de l’école ou des orthophonistes françaises avec lesquelles je suis en relation. Au bout d’un an d’expatriation, j’ai 7 patients que je vois à domicile 1 à 2 fois par semaine. C’est peu, mais c’est tellement plus que ce que j’imaginais lorsque mon mari avait évoqué Boston pour la première fois ! Par ailleurs, mes jeunes patients étant tous à l’école jusqu’à 15 heures, je ne travaille en psychomotricité que les après-midis. Aussi, pour m’occuper les matins, je travaille au Centre Culturel Français où j’aide à organiser des expositions, des conférences, des projections de films… Cela me permet de rencontrer des familles françaises et américaines et de parler un peu de notre spécificité.

Le chemin n’a pas été facile, j’ai connu de gros coups durs : le manque de ma famille, les difficultés d’adaptation à une culture différente, à un mode de vie et de pensée différent. Mon anglais est certes meilleur, mais pas suffisant pour travailler dans le domaine médical. J’ai dû, et dois encore parfois, faire beaucoup d’efforts, prendre sur moi pour oser contacter certaines personnes. Même dans la vie quotidienne je suis parfois épuisée à l’idée de devoir sortir et me forcer à parler aux américains. J’ai été confrontée à beaucoup de refus et d’échecs qui ont, à force, affecté ma confiance en moi. J’ai la chance de ne pas être seule et d’avoir un mari qui me soutient et qui m’aide énormément, mais certains jours (voire semaines) sont très difficiles.

J’ai plusieurs projets pour les années à venir : je voudrais me former au massage bébé et au portage physiologique pour aider les jeunes mamans françaises qui ne se sentent pas suffisamment accompagnées ici (elles sortent de la maternité le lendemain de l’accouchement quand tout va bien), j’aimerais participer à une formation sur l’autisme quasiment inconnue en France, rencontrer des Occupational Therapists, Recreational Therapists et Play Therapists qui ont des métiers similaires au nôtre afin de comprendre quel est celui qui nous ressemble le plus… Mon plus gros challenge à présent est de parvenir à travailler aussi avec la population américaine, je pensais y arriver plus rapidement, mais je n’ai pas encore trouvé la bonne formule un an et trois mois plus tard…

Si je ne devais retenir qu’une chose de cette expatriation c’est que ce n’est pas parce que notre métier n’existe pas dans un pays que l’on ne peut pas l’exercer quand même ! L’important est de comprendre et d’identifier les besoins de la population locale et de proposer, créer, inventer, se réinventer, repousser ses limites, bref, d’être psychomot !

Marie Freiche

marie.freiche@gmail.com

Propos recueillis par Elise

2 atouts majeurs en Solidarité Internationale

Vous voilà engagés pour partir pour une mission de Solidarité Internationale, c’est tout à votre honneur. Maintenant place à quelques interrogations et non des moindres. Parmi toutes vos questions, une va revenir presque systématiquement :

« Comment va se passer la mission ? »

Personne ne pourra le prédire avec précision ni les instituts de sondage ni les marabouts de la Gare du Nord. Mais la petite astuce est de garder en tête deux atouts majeurs qui te sauveront quelque soit ta mission et où que tu ailles :

-x- ADAPTATION & TEMPS -x-

 Ce seront tes alliés, c’est la règle d’or il faudra apprendre à bien les utiliser, à les définir, les organiser, les chérir, les expérimenter, les ajuster. Bref, ça sera ta base, on va prendre un peu de temps ensemble pour les décrire plus en détail :

  • Premier temps : la préparation

Comme on l’a vu précédemment dans  » Solidarité Internationale, oui, mais pourquoi ? », questionner ses motivations va être le socle de votre investissement dans le projet.
Se rajouteront les idées, les échanges entre membres d’équipe si vous avez de la chance de partager l’expérience à plusieurs voir même échanger avec d’autres membres de l’association qui sont partis avant nous et connaissent les lieux : c’est un véritable plus.

* Idée *  : Utiliser la carte de « la trace », le concept est simple : un petit cahier de transmissions, tel le flambeau, qui se passe de génération en génération avec des notes importantes que chaque équipe se transmet.

Ne restez pas focaliser sur votre projet, échanger sur la langue, la culture, essayer de vous renseigner sur le pays, son histoire, mais aussi sur vos lieux d’intervention, menez l’enquête, projetez vous, imaginez vous, préparez vous et ça vous aidera à vous adaptez et à anticipez vous sur place.

*Idée * : pour la préparation d’une mission par exemple,  se rendre à l’ambassade où il est courant qu’ils organisent ou qu’ils vous renseignent sur les événements culturels. Manger dans le restaurant du pays dans lequel vous vous rendez pour vous familiarisez avec la nourriture (part très importante de la mission) !

Si vous ouvrez la voie et n’avez pas d’autres regards, ni de possibilités d’échanger, « don’t panic », construisez un projet solide, cohérent, et détaillé, quitte à en prévoir beaucoup vous vous ajusterez sur place.

  • Le temps primordial : l’observation

il existe une réalité déstabilisante entre le projet initial que l’on compose , l’on tisse avec le temps et la vie sur place. Le projet de base se situe en général dans une moyenne très large entre illusion et réalité. Difficile de prévoir chaque détail lorsqu’on part dans un endroit inconnu, il est souvent improbable voir impossible qu’il colle parfaitement du premier coup :  ON DOIT S’ADAPTER !
Les temps d’observation sont très important, ils vont permettre en équipe de modifier le projet et de l’adapter au mieux. A ton œil de lynx, essaye d’être objectif, d’adapter ton regard, ta distance, et surtout communique.

Il est primordial de faire attention aux lieux où nous intervenons qui sont souvent fragiles. Il faut donc prendre le temps qu’il faut, et surtout échanger avec les gens sur place qui y travaillent. Il faut favoriser la communication. poser des questions aux gens qui encadrent la mission.

Enfin il faut instaurer un cadre temporel qui va protéger tout le monde, en partant de vous, aux gens que vous rencontrerez, la structure où vous interviendrez. Ainsi il sera primordial de prendre le temps d’expliquer dès le début que nous intervenons sur combien de temps à vous d’être créatif pour matérialiser votre temps sur place à l’aide de frise, de fil rouge, de thématiques, de délimiter des temps forts qui marquent le début et la fin de la mission. Et encore une fois ATTENTION à l’adaptation du temps, culturellement c’est une donnée très subjective, et pour pouvoir la quantifier à vous de trouver des terrains d’entente temporelle !
Par exemple si on se met d’accord  sur un projet en demandant à l’équipe sur place que tout doit être prêt demain et se rendre compte que le lendemain rien n’est encore prêt,  ce n’est pas qu’on ne vous a pas écouté ça peut être juste une histoire de vocabulaire ! On se rend compte alors que notre « demain » n’est pas forcément le leur. Restez attentifs mêmes les traductions peuvent être trompeuses !

Temps sur place = Temps ingérable ?!

L’un des temps les plus difficiles à gérer est le temps sur place, déjà parce qu’il faut s’adapter aux rythmes ! Les rythmes sont complètement différents en fonction des pays, de la culture, et des fois il faut revoir ses codes temporels voir y faire une croix pour s’adapter à de nouveaux plus rapides ou plus lents et ce n’est pas une mince à faire ! Un véritable défi de se débloquer de nos habitudes temporelles, rajoutez à ça un décalage horaire, un nouveau rythme de vie, il va falloir tout revoir, cycle de sommeil, temps de travail, ton corps va d’ailleurs pas se gêner de le te faire ressentir !
Sur place il est difficile de tout gérer, ce sont des moments très riches à vivre. Et là à chacun son ressenti, certains vont trouver que le temps file à une allure, et d’autre vont trouver le temps assez ralenti.
Quoiqu’il arrive,sur place il faut savoir anticiper et donner des priorités. Lors de ces missions, les verbalisations sont plus que nécessaires elles sont vitales pour le travail en équipe mais aussi sur un plan personnel, il ne faut pas hésiter à se ménager, et à toujours faire en sorte que les différents temps soient bien organisés. Prendre le temps de recul nécessaire après une journée, de reprendre l’organisation, de voir si des réajustements sont possibles.

Le temps est notre allié, pas notre ennemi, et même si on se sent dépassé, notre adaptation nous permet toujours de réussir au mieux de surmonter nos échecs, de nous réajuster et de progresser !

  • Il était une fois,  une fin…

Et comme le projet et le départ se préparent, le retour se prépare aussi. Souvent oublié, négligé, le retour constitue pourtant une très grosse partie des missions. La réussite des projets dépend de cette préparation au retour tant sur place avec les institutions qui nous accueillent que pour nous. Mais nous reviendrons sur ce point important qu’est le retour dans un autre temps !

Youssra

Une expérience forte en Haïti

Peux-tu nous en dire plus sur ton expérience en tant que psychomotricienne en Haïti ?

Je suis partie en Haïti pendant un an et demi pour intégrer un projet spécialisé auprès de personnes amputées. Ce projet avait pour but de proposer des soins autour des troubles psychomoteurs faisant suite à l’amputation. Notre travail était d’abord axé sur la prise en charge de la douleur, des sensations fantômes et dans un second temps sur l’intégration de la prothèse. Il y a eu également un vrai travail de sensibilisation de l’approche de la psychomotricité auprès de professionnels haïtiens.

Comment as-tu découvert ce projet ?

En cherchant des articles pour mon mémoire qui portait sur l’amputation et ses remaniements corporels, j’ai lu un article de Me Junker – Tschopp (Psychologue et doctorante en neuroscience ; professeur à l’école de psychomotricité de Genève) sur son intervention aux entretiens de Bichat.
J’ai alors pris contact avec elle, après quelques échanges sur mon mémoire et sur nos pratiques respectives, elle m’a appris qu’un poste était à pourvoir à partir du mois d’août 2014. J’ai donc participé au recrutement, après beaucoup d’hésitation, de doutes, d’appréhension et, un mois après mon diplôme, me voilà en vol pour Haïti avec cette impression faire un saut dans le vide!

Tu peux nous expliquer dans quel cadre tu es partie et comment était la structure dans laquelle tu es intervenue ?

Je suis partie dans le cadre de l’université de Genève, et plus précisément la HETS ( Haute Ecole du Travail Social ) qui m’a embauché en tant qu’assistante de recherche.
Nous travaillions dans une structure très indépendante non rattachée à un hôpital (malgré de nombreux essais de partenariat avec les structures faits par la cheffe de projet.)
Le projet a beaucoup évolué au fur et à mesure qu’il se déroulait, l’équipe se composait  principalement de : 2 psychomotriciennes françaises, de 2 techniciens de réadaptation (formation organisée par Handicap International, mêlant des compétences en kinésithérapie et ergothérapie.) Il y avait aussi une ergothérapeute, puis un orthoprothésiste du Salvador et un orthoprothésiste haïtien qui nous ont rejoint sur une partie du projet.
Une secrétaire, un gardien, une dame de maison, ils ont été très importants dans le cadre de la mission car ils ont participé à de nombreux échanges notamment sur la culture.

Comment l’aspect culturel entre en compte dans le cadre de vos prises en charge ?

L’aspect culturel a forcément un impact sur la prise en charge car le monde du soin a une représentation différente en Haïti. Les croyances sont différentes, les connaissances en matière de santé également. Les croyances religieuses sont intriquées aux soins. Par exemple on a pu entendre par certains patients, que c’était le Bon Dieu qui a mis notre centre de thérapie sur leur chemin. Il n’était pas rare d’entendre « si Dieu le veut » alors que l’on parle seulement du rendez-vous suivant. On entendait souvent les patients nous parler de leurs prières pour faire diminuer la douleur, ou encore pour que l’autre membre ne soit pas amputé. Il a eu un grand rôle dans l’éducation thérapeutique, le but étant de rendre actif le patient de sa prise en charge.

Les croyances vaudou sont également très ancrées car elles sont une forme de croyance religieuse en Haïti, et peuvent influencer le sens qu’il va être donné à leur maladie/amputation/sensations fantômes…

Par exemple : un patient nous a raconté avoir été amputé des 2 bras, car des « diables » l’auraient « jeté sur des fils électriques ».  Une patiente était persuadée que son accident de moto (qui a engendré son amputation) aurait été causé par un sort, une malédiction lancé par une personne malveillante qui lui voulait du mal. Un autre patient nous a raconté que lorsqu’il était à l’hôpital, il était tellement douloureux au niveau du pied fantôme (douleur sous forme de crampes très fortes), il avait alors demandé à sa famille de desserrer les lacets de sa chaussure restée chez lui, en espérant que cela atténue la douleur…

Le grand avantage c’est que nous travaillions en binôme psychomot – technicien de réadaptation. Les techniciens de réadaptation ont joué un grand rôle dans la traduction au départ, le créole étant la langue majoritairement parlé par les patients, les techniciens ont joué un rôle important d’intermédiaire en nous aidant avec la barrière de la langue mais aussi en étant des médiateurs culturels.

Est-ce que dans le cadre de tes prises en charge tu peux nous donner quelques exemples de l’adaptation de tes outils de travail ?

Pour travailler la réappropriation du schéma corporel et de l’image du corps, il faut partir de la dénomination des différentes parties du corps. Et on s’est rendus compte que cette dénomination n’était pas la même qu’en France.  En créole haïtien, la main pouvait signifier la main jusqu’à l’épaule. Il fallait alors instaurer une sorte de cartographie, afin de travailler la prise de conscience corporelle, et arriver à définir ses sensations. Commence alors la mise en place de tout un travail de perception, d’affinage au niveau des sensations, qui est un travail primordial auprès des personnes amputées.

Ensuite il est courant, qu’en centre de rééducation en France, je propose aux patients de travailler le schéma corporel et l’image du corps à travers un dessin de soi. Or en Haïti, c’est quelque chose qui m’a été difficile de mettre en place, les patients étaient très peu à l’aise avec l’outil graphique.

C’est pareil pour le travail sur la douleur, on s’est vite aperçus que les échelles de douleur numérique étaient trop abstraites pour une part des patients, on a du adapté pour certains en proposant d’utiliser des billes (10 billes, le patient prenait le nombre de billes qui correspondait à sa douleur).

Enfin il existe que très peu d’aménagement pour les personnes handicapées, les personnes avaient du mal à se rendre jusqu’au centre, le moyen de transport local, le tap-tap (pick up avec une tôle au-dessus pouvant contenir 10 à 12 personnes à l’arrière) se monte avec une corde ou marche pied assez haut en général. Nous avons donc réfléchi à l’aménagement d’un moyen de transport qui pouvait les ramener jusqu’à notre structure . Pour créer ce tap-tap adapté, nous avons fait appel à un menuisier qui nous a créé un escalier adapté.

 

Claire Demay

demay.claire@yahoo.fr

Pour plus d’informations : http://www.cerpa.ht/

 

Propos recueillis par Youssra

Merci à Alice et Laurent 😉

 

Solidarité Internationale, oui, mais pourquoi ?

Partir jusqu’au bout du monde pour aider…  Du Burkina Faso au Pérou, en passant par le Togo, le Sénégal, Le Maroc, Le Cameroun, Madagascar, la Tunisie, la Roumanie, L’Inde, la Malaisie, le Cambodge mais aussi le Chili et la République Dominicaine, la psychomotricité s’envolent de plus en plus loin et s’étend partout dans le monde dans le cadre de missions de solidarité internationale. Pourquoi parle t -on de Solidarité Internationale, quelles sont nos motivations et enfin pourquoi la psychomotricité ?

Solidarité Internationale VS Humanitaire 

Avant d’introduire mes propos, une mise au point vocabulaire me semble primordiale. Concernant la psychomotricité je parlerais de Solidarité Internationale et non pas d’Humanitaire. En effet l’aide humanitaire est caractérisée par une intervention rapide, et  mobilisent d’autres professions médicales et paramédicales et d’autres corps de métier qui interviennent dans l’urgence et sur du court terme. Les actions des psychomotriciens relèvent à mon sens plus à de la Solidarité Internationale, liées à l’assistance, l’aide à la reconstruction, l’aide au développement, nos actions s’étendent du moyen au plus long terme.

Mais quelles sont nos motivations ? 

Tony Wheeler disait en parlant du voyage:

  « Tout ce que vous avez à faire, c’est décider de partir. Et le plus dur est fait », 

 

Justement il faut donner une grande place et une grande importance sur pourquoi décidons nous de partir. Et pour pouvoir mettre ce pourquoi en forme, le mettre en mot, il est primordial de la faire AVANT de s’engager.
Si dans un cas, partir en mission de solidarité internationale exprime une envie d’aventure, il y a une certitude qui s’affirme, tout le monde n’est pas en mesure de partir.  Ce sont des missions qui demandent des compétences tant sur le plan humain que sur le plan professionnel.
Bien sûr, il existe plusieurs sources de motivations, et là se joue un travail important qu’il faut faire avant de partir… Pour quelles raisons partons-nous ?
S’interroger sur ses motivations est ce qui va composer le socle de la mission, l’avant, le pendant et l’après mission.
Tout va s’articuler autour de cette idée, et tout va différer dans l’investissement, dans l’engagement en fonction de cette idée de base et sur ce aucun jugement de valeurs dans les propos seulement une mise au point rhétorique : faire de la solidarité internationale a pour définition celle que l’acteur concerné donne aux actions qu’il mène et qu’il juge solidaires.
Mais qu’on se le dise la solidarité internationale est avant tout une démarche personnelle, on le fait pour soi, c’est le sentiment d’autosatisfaction réelle ou fictive qui nous pousse à aller se sentir utile ailleurs.

Pourtant la notion même de solidarité internationale est de plus en plus utilisée qu’elle en devient banalisée, évidement la critique semble facile : partir en mission de solidarité internationale reviendrait maintenant à suivre la masse, pire à adopter un style badass, certains même parlent d’une mode ?
Détrompez – vous. Il faut du culot, du caractère, mais surtout un énorme investissement pour organiser, une mission, de l’énergie pour vivre une telle aventure et du courage et de la force pour le retour.

Pourquoi la psychomotricité s’affirme dans des projets de solidarité internationale ?

Tout d’abord c’est psychique : un mélange indescriptible entre le rêve de partir à l’aventure, de rencontrer et de partager autrement. Et puis c’est corporel c’est un projet qu’on porte, qu’on défend car il est différent, qui nous prend jusqu’aux tripes.
La solidarité internationale est donc le terrain de jeu parfait, c’est tout simplement une aventure psychomotrice où l’on retourne aux sources d’un échange, d’un dialogue tonico émotionnel, à la rencontre d’une autre culture, d’un autre pays, d’une autre langue, rien de mieux pour revenir aux sources, à la communication de base, celle du corps.  

Youssra