Professeur de psychomotricité en Argentine

  • Un souhait de partage à une grande « Aventura »

Mon diplôme en poche, je travaille durant 3 ans, à mi-temps en pédopsychiatrie et l’autre mi-temps en gériatrie. Dans ce dernier domaine, la formation des soignants sur l’approche du corps est une demande forte et récurrente de la part de mon institution. J’essaie, mais, rien y fait, je ne me sens pas légitime et assez expérimentée dans ce rôle de formatrice.

Je prends donc la décision de retourner sur les bancs de la Fac et d’entamer le  Master Santé . Une fois diplômée, étant passionnée de voyage, je cherche à partir travailler à l’étranger, et mettre à profit mon expérience professionnelle.On me suggère 3 pays où la psychomotricité est bien développée:

  • la Suisse : trop près
  • la Pologne : trop froid
  • l’Argentine : Ha ! ça pourrait être une sacrée aventure

Je prends contact avec la directrice de l’université de psychomotricité de Bueno-aires .Celle-ci accepte mon projet de venir enseigner la pratique corporelle auprès des étudiants en psychomotricité de 2ème année.

Commencent les nombreuses démarches administratives, entre les correspondances avec l’université pour préciser le projet mais aussi faire la demande de PVT  (Permis Vacances Travail) pour obtenir le Visa d’un an . Près d’une année s’écoule pour enfin arriver sur place.

  • Une psychomot’ française au milieu des argentins: bel accueil et chaleur humaine garantie !

Arrivée à Buenos Aires, je trouve une colocation et m’immerge dans la riche culture argentine et l’ambiance latine. Il me faut tout de même parler l’espagnol argentin qui diffère de l’espagnol d’Espagne, tout comme les dialectes. Le site conversation Exchange m’a permis de rencontrer de nombreuses personnes désireuses d’apprendre le français et en échange de faire apprendre leur langue natale.

Après deux mois d’immersion, je commence à travailler comme professeur de pratique corporelle à la fac de psychomot. J’apprécie énormément leur façon de travailler, en binôme pour enseigner auprès des élèves. Nous co-contruisons donc à chaque instant avec l’autre prof argentine et apprécions l’enrichissement mutuel avec les élèves.

Les cours de pratique corporelle durent 4 heures, et sont tous sous forme théorico-pratique avec une référence permanente aux livres. Je trouve cette approche excellente, les liens entre le vécu corporel et la théorie semblent faire plus vite sens pour les étudiants.

Au début je prends tout de même peur, ils maîtrisent Lacan comme personne et la théorie est assez poussée. Finalement, pas de pression, chacun apporte sa propre réflexion en lien avec son expérience psychocorporelle vécue en cours, et nous tissons de nombreux liens.

« Aujourd’hui, je me demande encore qui des étudiants ou de moi a le plus appris de cette expérience? »

Lors de ces nombreux moments de réflexion, d’échanges passionnants assis en ronde, la culture argentine reste toujours très présente.

Il y a toujours un étudiant pour partager son maté. Il s’agit d’une calebasse avec une paille que l’on fait tourner en groupe et qui se partage dans lequel une exquise infusion nationale se boit.

D’autre part, je rencontre deux autres psychomotriciennes françaises sur place. Nous parvenons à mettre en place un groupe d’éveil corporel dans une école maternelle Franco-argentine de Buenos Aires.  Nous accueillons des enfants d’expatriés français et des enfants argentins qui apprennent le français. Une vraie cacophonie avec les langues qui se mélangent et les façons de vivre différentes. 3 psychomotriciennes ne sera donc pas de trop pour contenir les 10 enfants et les voir évoluer au fil des semaines au sein du groupe.L’année se termine, l’aventure passe super vite.

J’ai tout de même pu voyager aux nombreux coins de l’argentine. Des paysages si différents en fonction des endroits, la nature à perte de vue et la chaleur humaine ont rythmé les périples.

  • Immersion dans la culture latine

Quand on part pour s’installer un temps dans un pays, il me semble primordial de prendre son stock d’envie de découvertes, d’ouverture à la culture et de mettre de côté son bagage bien ancré de culture française. En Argentine, le contact physique est très présent, on se parle de très près, on boit dans le même verre, on danse le tango dans les milongas, on fait souvent la fête !

A mon retour en France, je profite de cette expérience pour m’installer en tant qu’auto entrepreneur et faire de la formation. J’ai sacrément pris confiance en moi et suis bien plus à l’aise dans les méthodes pédagogique pour transmettre un savoir. Je garde néanmoins un pied dans la clinique qui m’est chère auprès des personnes âgées et travaille particulièrement sur les soins palliatifs et la fin de vie des patients.

Malgré l’impression d’avoir vécu cette expérience latine comme un éclair, j’ai de nombreux souvenirs qui me reviennent encore et ma pratique clinique reste immanquablement influencée par cette riche expérience !

Je vous encourage à prendre un PVT si vous partez, et à vous lancer dans cette grande aventure, mais pensez bien à murir votre projet avant de vous lancer  » Vamos ! « 

Nathalie

nleuba@gmail.com

 

 

Propos recueillis par Elise

 

 

Petit rappel : Si vous partez avec seulement le DE vous avez la possibilité de faire une équivalence sur place mais vous devez compter plusieurs mois de démarche administrative. Le grade Master est qu’en a lui directement reconnue. les façons de résider sur le sol Argentin sont différentes et peuvent demander  beaucoup de préparation et un petit budget car tous les documents sont à traduire en espagnol par un traducteur.  plus d’information sur la MAP

Pour le Master santé il y a une première année en tronc commun à mi-temps. Puis pour la seconde année des option sont proposer celle proposant de devenir formateur est  l‘option didactique professionnel .

Une réflexion au sujet de « Professeur de psychomotricité en Argentine »

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