2 atouts majeurs en Solidarité Internationale

Vous voilà engagés pour partir pour une mission de Solidarité Internationale, c’est tout à votre honneur. Maintenant place à quelques interrogations et non des moindres. Parmi toutes vos questions, une va revenir presque systématiquement :

« Comment va se passer la mission ? »

Personne ne pourra le prédire avec précision ni les instituts de sondage ni les marabouts de la Gare du Nord. Mais la petite astuce est de garder en tête deux atouts majeurs qui te sauveront quelque soit ta mission et où que tu ailles :

-x- ADAPTATION & TEMPS -x-

 Ce seront tes alliés, c’est la règle d’or il faudra apprendre à bien les utiliser, à les définir, les organiser, les chérir, les expérimenter, les ajuster. Bref, ça sera ta base, on va prendre un peu de temps ensemble pour les décrire plus en détail :

  • Premier temps : la préparation

Comme on l’a vu précédemment dans  » Solidarité Internationale, oui, mais pourquoi ? », questionner ses motivations va être le socle de votre investissement dans le projet.
Se rajouteront les idées, les échanges entre membres d’équipe si vous avez de la chance de partager l’expérience à plusieurs voir même échanger avec d’autres membres de l’association qui sont partis avant nous et connaissent les lieux : c’est un véritable plus.

* Idée *  : Utiliser la carte de « la trace », le concept est simple : un petit cahier de transmissions, tel le flambeau, qui se passe de génération en génération avec des notes importantes que chaque équipe se transmet.

Ne restez pas focaliser sur votre projet, échanger sur la langue, la culture, essayer de vous renseigner sur le pays, son histoire, mais aussi sur vos lieux d’intervention, menez l’enquête, projetez vous, imaginez vous, préparez vous et ça vous aidera à vous adaptez et à anticipez vous sur place.

*Idée * : pour la préparation d’une mission par exemple,  se rendre à l’ambassade où il est courant qu’ils organisent ou qu’ils vous renseignent sur les événements culturels. Manger dans le restaurant du pays dans lequel vous vous rendez pour vous familiarisez avec la nourriture (part très importante de la mission) !

Si vous ouvrez la voie et n’avez pas d’autres regards, ni de possibilités d’échanger, « don’t panic », construisez un projet solide, cohérent, et détaillé, quitte à en prévoir beaucoup vous vous ajusterez sur place.

  • Le temps primordial : l’observation

il existe une réalité déstabilisante entre le projet initial que l’on compose , l’on tisse avec le temps et la vie sur place. Le projet de base se situe en général dans une moyenne très large entre illusion et réalité. Difficile de prévoir chaque détail lorsqu’on part dans un endroit inconnu, il est souvent improbable voir impossible qu’il colle parfaitement du premier coup :  ON DOIT S’ADAPTER !
Les temps d’observation sont très important, ils vont permettre en équipe de modifier le projet et de l’adapter au mieux. A ton œil de lynx, essaye d’être objectif, d’adapter ton regard, ta distance, et surtout communique.

Il est primordial de faire attention aux lieux où nous intervenons qui sont souvent fragiles. Il faut donc prendre le temps qu’il faut, et surtout échanger avec les gens sur place qui y travaillent. Il faut favoriser la communication. poser des questions aux gens qui encadrent la mission.

Enfin il faut instaurer un cadre temporel qui va protéger tout le monde, en partant de vous, aux gens que vous rencontrerez, la structure où vous interviendrez. Ainsi il sera primordial de prendre le temps d’expliquer dès le début que nous intervenons sur combien de temps à vous d’être créatif pour matérialiser votre temps sur place à l’aide de frise, de fil rouge, de thématiques, de délimiter des temps forts qui marquent le début et la fin de la mission. Et encore une fois ATTENTION à l’adaptation du temps, culturellement c’est une donnée très subjective, et pour pouvoir la quantifier à vous de trouver des terrains d’entente temporelle !
Par exemple si on se met d’accord  sur un projet en demandant à l’équipe sur place que tout doit être prêt demain et se rendre compte que le lendemain rien n’est encore prêt,  ce n’est pas qu’on ne vous a pas écouté ça peut être juste une histoire de vocabulaire ! On se rend compte alors que notre « demain » n’est pas forcément le leur. Restez attentifs mêmes les traductions peuvent être trompeuses !

Temps sur place = Temps ingérable ?!

L’un des temps les plus difficiles à gérer est le temps sur place, déjà parce qu’il faut s’adapter aux rythmes ! Les rythmes sont complètement différents en fonction des pays, de la culture, et des fois il faut revoir ses codes temporels voir y faire une croix pour s’adapter à de nouveaux plus rapides ou plus lents et ce n’est pas une mince à faire ! Un véritable défi de se débloquer de nos habitudes temporelles, rajoutez à ça un décalage horaire, un nouveau rythme de vie, il va falloir tout revoir, cycle de sommeil, temps de travail, ton corps va d’ailleurs pas se gêner de le te faire ressentir !
Sur place il est difficile de tout gérer, ce sont des moments très riches à vivre. Et là à chacun son ressenti, certains vont trouver que le temps file à une allure, et d’autre vont trouver le temps assez ralenti.
Quoiqu’il arrive,sur place il faut savoir anticiper et donner des priorités. Lors de ces missions, les verbalisations sont plus que nécessaires elles sont vitales pour le travail en équipe mais aussi sur un plan personnel, il ne faut pas hésiter à se ménager, et à toujours faire en sorte que les différents temps soient bien organisés. Prendre le temps de recul nécessaire après une journée, de reprendre l’organisation, de voir si des réajustements sont possibles.

Le temps est notre allié, pas notre ennemi, et même si on se sent dépassé, notre adaptation nous permet toujours de réussir au mieux de surmonter nos échecs, de nous réajuster et de progresser !

  • Il était une fois,  une fin…

Et comme le projet et le départ se préparent, le retour se prépare aussi. Souvent oublié, négligé, le retour constitue pourtant une très grosse partie des missions. La réussite des projets dépend de cette préparation au retour tant sur place avec les institutions qui nous accueillent que pour nous. Mais nous reviendrons sur ce point important qu’est le retour dans un autre temps !

Youssra

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