L’Erasmus en psychomotricité aux Pays bas

 De mon expérience, et de ce que j’ai pu observer aux Pays-Bas, l’exercice de la psychomotricité à la particularité de se rapprocher plus du métier d’APA (activité physique adaptée). En effet la psychomotricité est une discipline très axée sur le sport. Pour exemple concret, on peut prendre le concours d’entrée dans la filière de psychomotricité, et la sélection se fait sur des épreuves sportives, en fonction des performances ainsi que sur le dossier scolaire du Lycée (mais il représente un coefficient moins important).

Ensuite, la première année est un tronc commun avec l’équivalent de la formation STAPS en France. Puis les étudiants ont accès à différentes spécialisations en deuxième année dont Psychomotricien (Psychomotorische Therapie en Beweginsgagogie= Thérapie psychomotrice et pédagogie du mouvement). Ils suivent un cycle de 4 années d’études et la psychologie n’est abordée qu’en dernière année, à ce moment, il semble que certains étudiants sont plus réceptifs et décident d’intégrer cet apport de la psychologie dans leur pratique et d’autres préfèrent avoir un exercice plus axé sur le côté sportif. Ces derniers représentaient la majorité dans le groupe d’étudiants que j’ai côtoyé sur place.

Une autre spécificité est le regard porté sur le patient, et la façon dont se positionne le psychomotricien par rapport à lui. On ne parle pas de patient mais de client, c’est à partir de sa (ses) demande(s) que l’on établit le projet thérapeutique, il n’y a pas de bilan psychomoteur. En tant que psychomotricien(ne), vous pouvez être amené à travailler avec différentes populations : enfants ayant des difficultés de développement placés dans des écoles/collèges spécialisés, adultes en psychiatrie/addictologie, toute forme de handicap moteur et/ou mental, personnes âgées dans les maisons de retraite (cette liste n’est pas exhaustive, il s’agit seulement des lieux de stage où j’ai pu me rendre). La prise en charge groupale est privilégiée par rapport à la prise en charge individuelle et le lieu d’exercice est le plus souvent un grand gymnase où l’on pratique exclusivement des médiations sportives adaptées au patient/client. Il faut savoir également qu’il existe assez peu de postes de psychomotriciens aux Pays-Bas et qu’il y a plus de demande d’emploi que d’offres.

  • Confrontation avec ma vision Française de la psychomotricité

Au départ,  je dois avouer que cela a été difficile, j’ai eu une première réaction de rejet, pour moi ce n’était pas de la psychomotricité, en tout cas pas comme on me l’avait enseigné en France, et je ne voyais pas la différence avec le métier d’APA, je trouvais cette vision du métier très réductrice. Puis, en vivant au quotidien avec cette nouvelle culture, j’ai pu voir plus loin que les premières apparences, j’ai compris que la façon d’exercer la psychomotricité était en lien avec la culture du pays. Aux Pays-Bas le sport a une grande importance dans le quotidien, il peut même être considéré comme un médicament « miracle ». Il existe également dans cette culture un besoin de pragmatisme un peu anglo-saxon, les mentalités sont plus orientées vers un paradigme positiviste (rationalisation, corps moteur) que phénoménologique (subjectivité, corps de l’être au monde), mon impression est que les pays méditerranéens sont plus ouverts de façon générale à une vision plus holistique.

« La définition du métier de psychomotricien(ne) s’adapte aussi aux besoins et aux demandes de la population qui s’inscrivent dans une culture donnée » 

 Si cette,pratique  était proposée de la même façon qu’en France, il n’y aurait peut-être plus aucune demande, ce serait trop éloigné culturellement, trop holistique, phénoménologique.

  • Expérience d’expatriée, vie Erasmus

J’ai trouvé cette expérience incroyable, elle m’a façonnée et a grandement participé à mon développement aussi bien personnel que professionnel. J’ai pu découvrir différentes cultures, expérimenter une plus grande ouverture d’esprit. Une autre notion centrale pour moi dans cette expérience est le « vivre ensemble », nous étions environ 80 étrangers dans le même immeuble et regroupant une vingtaine de nationalités différentes, je me suis sentie très entourée, il y avait beaucoup d’entraide dans cette communauté Erasmus, j’ai ressenti un grand sentiment de cohésion groupale (même si il s’agit d’un groupe très grand), j’ai pu faire l’expérience d’une vie communautaire en quelque sorte. Une vie où l’échange est le maître mot, mais aussi la fête, il faut bien l’avouer, je suis revenue avec beaucoup de très bons souvenirs.
Globalement les conditions de vie n’étaient pas très différentes de la France, je ne me suis pas sentie trop « dépaysée », mais j’ai pu adopter de nouvelles habitudes : prendre le vélo pour tous les déplacements, ce que j’ai trouvé beaucoup plus agréable que les transports parisiens pour ma part, mais aussi le rythme des repas pouvant varier selon la nationalité de la personne avec laquelle on mange. Les deux extrêmes sont représentés par les Néerlandais d’une part qui mangent très tôt, à 18h, et les Brésiliens ou Espagnols d’autre part qui mangent très tard vers 23h. Ma vie sur place était très agréable, je n’ai pas eu de « mal du pays » (excepté pour le fromage et le pain bien entendu).
Il y a aussi la notion de temporalité éphémère qui « exalte » tout ce qui est vécu. Les journées, les semaines passent très vite et on a conscience que c’est une expérience que l’on ne pourra plus exactement retrouver plus tard, ce qui semble multiplier la force des émotions ressenties.

  •  l’expérience de stagiaire psychomotricienne :

Même si je garde ma façon très française d’exercer la psychomotricité, j’ai pris certaines habitudes de leur façon d’exercer :
➢ La rigueur de l’auto-évaluation aussi souvent que possible,
➢ Une demande de « retours », d’évaluation de la part des patients (pour ma part seulement avec les adultes en groupe),
➢ L’organisation et la préparation rigoureuse pendant l’élaboration d’un nouveau groupe de thérapie.
➢ Quelques nouvelles idées de médiations corporelles

  • l’expérience d’expatriée :

➢ Une ouverture sur le monde, les différences culturelles, et en même temps ce qui nous est commun.
➢ Une réflexion sur ma propre identité et la place de la culture française dans mon identité.
➢ Une réflexion sur la définition de la psychomotricité, qu’est-ce que c’est pour moi ?et qu’est-ce que ce n’est pas ? de quelle manière je souhaite exercer ce métier ?
➢ Un bagage en expression orale pour l’anglais,
Et des amis tout autour du globe ainsi que des souvenirs précieux !

 

Clémentine

clementine.lefessant@hotmail.fr

Petit rappel :  Aujourd’hui en France, seule l’école de l’ISRP propose un programme Erasmus. Cependant, d’autres écoles comme la Pitié Salpêtrière ou IFP de la Réunion accompagne leurs étudiants à avoir une expérience à l’étranger.

Site de l’université en question dans ce témoignage

 Propos recueillis par Elise

Aide Financière aux stages à l’étranger

Un échange à l’étranger c’est sûr, c’est enrichissant. Jeux de mot oblige, la mobilité internationale a malheureusement un coût qui n’est pas toujours abordable quand on est étudiant. Cependant, il existe des aides et astuces auxquels un étudiant peut avoir recours afin de financer une partie de son projet. En voici quelques exemples.

Erasmus

L’étudiant doit démarcher le service des relations internationales de son établissement un dossier de demande d’aide à la mobilité, accompagné d‘un projet de séjour d’études ou de stage à l’étranger.

Les candidatures sont sélectionnées par le président d’université ou le chef d’établissement, en fonction :

  • de la qualité et de l’intérêt pédagogiques des projets individuels des étudiants.
  • de leur conformité avec la politique internationale menée par l’université ou l’établissement.

Ils décident également du nombre de mensualités qui seront accordé à chaque candidat retenu. Il faut se renseigner, suffisamment tôt avant le départ, sur les délais nécessaires à l’instruction des dossiers.

Démarche administrative
Formulaire d’inscription pour s’inscrire en Erasmus, il faut remplir le formulaire (« Application Form ») de l’université d’accueil. Chaque université d’accueil a ses propres dates limites et procédures d’inscription.
Critères d’admissibilité en Erasmus
Renseignez-vous au bureau des relations internationales pour connaître les critères d’admissibilité qui sont propres à chaque établissement.

Voici ci-dessous une liste exhaustive de critères retenus par certaines universités en France:

  • Bon comportement général, assiduité, motivation et autonomie
  •  Moyenne scolaire : 12
  •  Moyenne de stage : 12
  •  Connaissance d’une 3ème langue (minimum niveau bac pour l’espagnol et l’allemand)
  •  Une sélection finale est parfois appliquée après les résultats des partiels

il est conseillé d’ajouter un test de langue reconnue le TOEIC ou le TOEFL

  • TOEIC : 750 minimum de moyenne pour être accepté dans certaines Universités
  • TOEFL : Une note supérieure à 100/120 sera la plupart du temps réclamée à l’entrée des plus prestigieuses universités anglophones.

Contrat d’études

Avant le départ, le contrat d’études doit être signé par l’université d’origine, l’université d’accueil et l’étudiant. Ce contrat détaille les cours qui seront suivis par l’étudiant lors de l’année de mobilité, ainsi que les crédits (ECTS) qui s’y attachent.

Attestation de présence Erasmus. Ce document atteste de la période de mobilité de l’étudiant Erasmus.

Relevé de notes

A la fin de la période d’études à l’étranger, un relevé de notes est remis par l’université d’accueil à l’étudiant et à l’université d’origine.

plus d’information : https://www.erasmusplus.fr/

 

CROUS Aide à la mobilité internationale

Le CROUS, peut être sollicité pour les étudiants inscrits dans un établissement français, et partant à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échanges ou d’un stage à l’étranger. Le montant de l’aide à la mobilité internationale est de 400 euros mensuels.

L’étudiant transmet au service des relations internationales de son établissement, sous forme de dossier, une demande d’aide à la mobilité accompagnée d’un projet de séjour d’études ou de stage international.

Le chef d’établissement retient les candidatures en fonction de la qualité et de l’intérêt pédagogique des projets individuels des étudiants et de leur conformité avec la politique internationale menée par l’établissement. Les noms des candidats retenus, ainsi que le nombre total de mensualités qui leur est accordé, sont immédiatement transmis par l’établissement au Crous de l’académie qui assure la gestion financière des aides à la mobilité internationale.

La durée du séjour aidé de l’étudiant à l’étranger ne peut être inférieure à deux mois ni supérieure à neuf mois consécutifs. Au cours de l’ensemble de ses études supérieures, l’étudiant ne pourra pas bénéficier d’une aide à la mobilité cumulée supérieure à neuf mois.

Il faut être titulaire du baccalauréat, être inscrit en formation initiale, suivre une formation reconnue par l’Etat, avoir moins de 28 ans ou ne pas avoir interrompu ses études à partir de 28 ans, être de nationalité européenne.

Plus d’information : http://www.etudiant.gouv.fr/cid97582/crous-cnous-qui-sommes-nous.html

 

La FSDIE (  fond de solidarité et de développement des initiatives étudiantes)

La démarche commence aussi auprès de son bureau International, le dossier comprend les documents suivants :

  • lettre de demande d’aide financière indiquant vos coordonnées avec un email

 

–       lettre d’acceptation de l’établissement partenaire

–       photocopie de la pièce d’identité

–       photocopie de la carte vitale

–       certificat de scolarité de l’année en cours

–       RIB à votre nom et prénom

–       avis d’imposition (le vôtre ou celui de vos responsables légaux)

 

Si vous êtes boursier sur critères sociaux: notification de bourse sur critère sociaux de l’année en cours.

 

Une commission qui analyse votre dossier se tient tous les mois et vous donne votre réponse par mail dans le cas où elle est positive vous devez envoyer vos conventions signées par toutes les parties.

 

Les aides des conseils régionaux / Mairie

 

Se renseigner auprès de son conseil régional et de sa Mairie, de votre école et de votre lieu de résidence principale (multiplier vos chances).

Bourse CIERA : Master 2 recherche en Allemagne

Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur l’Allemagne (CIERA) offre une aide de 610 euros pour un séjour de recherche d’un mois en Allemagne à un étudiant inscrit en Master 2.
Le dossier de candidature qui doit être envoyé chaque année avant la mi-décembre est composé comme suit :

  • Une lettre de motivation présentant les raisons de la demande et un projet professionnel (1 à 2 pages non manuscrites) ;
  •  Un curriculum vitae ;
  •  La présentation du projet de recherche préalablement située par rapport à la bibliographie existante (4 à 6 pages) ;
  •  Le programme de travail du séjour de recherche justifiant la nécessité d’une présence à l’étranger ;
  • Une lettre de soutien motivée du directeur de recherche ;

Plus d’information : http://www.ciera.fr/ciera/

Bourse OFAJ Allemagne

Ce programme s’adresse aux étudiants âgés de 18 à 30 ans, résidant en France, disposant d’une bonne connaissance de l’allemand.


La bourse versée par l’OFAJ s’applique à un stage d’une durée minimum de 4 semaines. Celle-ci s’élève à 300 euros par mois dans la limite de 3 mois. A cela s’ajoute une subvention forfaitaire pour les frais de voyage aller-retour.
La bourse de l’OFAJ peut être cumulée avec une aide Erasmus ou une aide du Conseil Régional. En revanche elle ne peut être cumulée avec les aides du DAAD, de l’Université franco-allemande (UFA) ou du CIERA. Dans le cas d’un stage rémunéré, si le montant de la gratification dépasse 800€/mois, aucune bourse ne pourra être attribuée par l’OFAJ. Si la gratification est inférieure à 800€/mois, l’OFAJ accorde la différence, dans la limite toutefois de 300€ maximum par mois.

Le boursier s’engage à présenter à l’OFAJ un rapport détaillé à l’issue du stage dans un délai d´un mois après son séjour.

Plus d’information : https://www.ofaj.org/

Appel à la générosité

Cette solution est un peu plus audacieuse mais peut porter ses fruits. Il est aussi possible de faire appel à la solidarité de notre réseau en ouvrant une cagnotte et demander à tout le monde de bien vouloir participer en donnant le montant qu’il souhaite. Expliquer bien, en introduction la raison de cette cagnotte les démarches que vous avez déjà faites et surtout soyez transparent sur son utilisation.

Voici des sites conçues spécialement pour les cagnottes de projet étudiant qui proposent ce type de service.

http://www.eduklab.com/create/

 

 

Elise