Formation aux saveurs de l’Europe

3 pays, pour 1 formation en psychomotricité

Danemark

Attiré par la médecine et la psychologie, je ne trouvais pas de formation qui me correspondait. Je me suis inscrit à la fac de médecine et après quelques mois de ce que l’on appelle la « paces » j’ai découvert le métier de psychomotricien qui, après des rencontres et des stages devint une évidence “je veux faire de la psychomotricité mon métier.”

J’ai essayé de préparer le concours seul durant les derniers mois qu’il me restait mais sans grand succès, je ne voulais pas renoncer ni perdre mon temps alors je me suis renseigné auprès des écoles Belges qui acceptent les étudiants sur dossier. J’ai préparé un dossier, ou plutôt un gros colis pour une école bruxelloise, nommée à l’époque IORT (Instit d’Optique Raymond Tibault) mais dorénavant IIP (Institut Ilya Prigogine). Elle est rattachée à la HELB (Haute Ecole Libre de Bruxelles). Celle-ci m’a acceptée, je suis entré dans une promotion de 80 étudiants qui deviendra une promotion de 15 en troisième année, cela dû à la retombée de la non reconnaissance de la profession de psychomotricien en Belgique, de 2015.

En effet, le diplôme provenant du bachelier en psychomotricité (licence) est valide et reconnu par l’état belge, mais la profession quant à elle n’est pas protégée. Plusieurs actions sont en cours encore à ce jour pour faire revenir la ministre de la santé sur sa décision (elle considère que les psychomotriciens ne sont pas nécessaires, que avec les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes, c’est suffisant) à différents niveaux (fédéral et européen).

Mon école a plusieurs particularités, celle de ne diplômer que les plus de 23 ans par souci de maturité, et de proposer 3 grosses journées de cours et 2 journées libres pour avoir un job étudiant. Cela s’appelle l’enseignement en Promotion Social. De plus, l’école propose 12 mois d’Erasmus divisible en deux si on le souhaite. On peut également effectuer ces 12 mois à l’étranger l’année suivant notre diplôme, toujours avec le statut d’étudiant.

Mes études étant réparties sur 4 ans du fait de mon âge, j’en ai profité pour faire deux stages Erasmus. L’un à Copenhague à L’UCC ( University College Copenhagen) dont les locaux de psychomotricité se situent à Hillerod, une petite ville au Nord de Copenhague. J’étais alors avec des étudiants Français, Espagnols, Vietnamiens, Danois…

J’ai découvert leur vision de la pratique de la psychomotricité. Les cours Danois sont répartis autour de 3 grandes sphères :

  • Education sportive (mais exercices tournés « psychomoteurs »)
  • Psychothérapie
  • « Massage thérapeutique » qui est une technique bien précise 

Au Danemark la psychomotricité est pratiquée auprès des adultes et des personnes âgées, pour les enfants nous retrouvons une formation de pédagogue en deux ans. 

« L’atmosphère du pays est très agréable avec le « HYGGE » une sorte de philosophie de vie, « cocooning », conviviale où prendre de la distance avec nos préoccupations est le maître mot. « 

Après un nouveau semestre en Belgique je repars en Erasmus en France cette fois pour 4 mois de stage. D’origine française, j’en apprends peu sur la culture mais la reconnaissance du métier dans les institutions publiques me surprend positivement. En Belgique, si les études sont reconnues, la psychomotricité n’est pratiquée que dans le secteur privé (majoritairement en cabinet). Cela change peu à peu avec l’ouverture de centres pluridisciplinaires où nous travaillons avec des logopèdes (orthophonistes), kinésithérapeutes, médecins, ergothérapeutes, psychologues…

Certaines personnes travaillent aussi dans des services publiques mais souvent sous un autre titre que psychomotricien (double diplôme avec la kinésithérapie par exemple).  D’autre part, venir en France me rassure sur l’apprentissage théorique que l’on a en Belgique, la différence se trouverait dans certains auteurs pris en exemple et ressources théoriques, et dans la sphère relationnelle qui est très développée au sein de mon école.

Aujourd’hui j’aime ma vie en Belgique mais je souhaiterais tout de même travailler dans un autre pays. Les équivalences pour la France sont aujourd’hui gelées je pense donc me tourner vers la Suisse.

benjaminnasschaert@gmail.com 

Propos recueillis par Elise

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