Quels sont les impacts des cultures sur une personne ?

Psychomotricienne et psychologue clinicienne formée à la clinique inter-culturelle et transculturelle.

Étant eurasienne, cette question m’interpelle. Après mon échec aux concours de médecine, j’ai intégré la préparation pour le concours de psychomotricité à l’école catholique de Lyon, avec en double cursus, une licence 1 de psychologie. J’ai été reçu à l’ISRP de Paris, études vers lesquelles je me suis orientée, et j’ai validé ma licence. 

Pendant 3 ans je me suis questionnée sur l’impact des cultures sur le développement de l’enfant de moins de trois ans. Lors de mes stages, j’ai fait des observations qui ne sont pas à généraliser, mais qui m’ont aidé à réfléchir sur cette notion de « culture ». 

En crèche, un petit garçon d’origine japonaise avait comme goûter des petits-pois salés à écosser alors que les autres enfants mangeaient leur pomme pote. La pince utilisée n’était pas du tout la même. Dans le premier cas, le petit garçon utilisait la pince pouce index et sa dextérité digitale était impressionnante pour son âge. Les autres enfants utilisaient principalement une pince palmaire.

Une petite fille d’origine camerounaise marchait à 7 mois, c’est-à-dire plus tôt que la plupart des enfants. Sa mère la portait sur son dos avec un pagne depuis son plus jeune âge. Je me suis demandée, si l’oreille interne avait été sur-stimulée par ce portage, développant ainsi son sens vestibulaire et permettant un meilleur équilibre lors de l’apprentissage de la marche.

Dans la culture occidentale, l’enfant est très vite stimulé sur le versant cognitif: reconnaître les formes, les couleurs à travers des jeux divers et variés, les mobiles au-dessus du berceau…. 

Ces observations succinctes m’ont amené à penser qu’entre 0 et 3 ans la culture à un impact important sur les acquisitions de l’enfant. Après 3 ans, il y aurait comme une harmonisation du développement quelles que soient les cultures. Mais alors qu’en est-il des tests côtés avant 3 ans comme le Vaivre-douret ou le Brunet-Lezine ? Vaste question… Ne faudrait-il pas faire des étalonnages en fonction des différentes ethnies, cultures ? J’ai vite compris que cela était impossible à réaliser vu qu’il existe 139 pays dans le monde et d’autant plus de cultures et d’ethnies. 

En juin 2014, j’ai eu mon diplôme de psychomotricienne. J’ai travaillé en I.T.E.P. [1] pendant 2 ans. J’ai rencontré et accompagné des enfants avec des cultures très différentes de la mienne. Avoir conscience que dans certaines ethnies un enfant qui regarde un adulte dans les yeux peut être considéré comme un manque de respect, nous permet de mieux comprendre certains comportements. Finalement, ce qui nous semble être une attitude de provocation est en fait une difficulté de l’enfant à se situer entre ses différentes cultures. 

tirer du jeux mémomania

Mais qu’est-ce que la culture ?

C’est un concept complexe qui renvoie à une multitude de sens rendant sa définition ardue. Pascal Ory, parle d’un « ensemble de représentations collectives propres à une société. Pour lui, ces représentations sont des phénomènes sociaux, partagés par tous les membres d’un groupe. Ils peuvent être de différentes natures : géographique, démographique, professionnelle, idéologique, confessionnelle… » [2] 

La multiplicité des cultures est une richesse pour notre monde et nous ne pouvons pas toutes les connaître… Je ressentais le besoin d’approfondir ma façon d’aborder ses différences. Après avoir fait des recherches, je me suis inscrite à la faculté de Villetaneuse au vu de leur proposition d’un parcours de psychologie et psychopathologie inter et transculturelle. Avec mon dossier, j’ai pu passer directement en L3 de psychologie.

En L3, parmi les 5 parcours proposés, j’ai choisi le premier : une initiation aux champs de la psychologie clinique et psychopathologique, avec une perspective interculturelle et ayant pour référence la théorie psychanalytique.

En M1, je me suis inscrite dans le parcours interculturel. Les cours ont abordé la pensée psychanalytique, les concepts de psychopathologie, les différents courants sociologiques, anthropologiques et ethnologiques. On nous a présenté la différence entre l’ethnopsychiatrie (courant porté par Georges Devereux et Tobie Nathan puis par Marie-Rose Moro) et la médiation culturelle. (Courant porté en partie par l’association Françoise Minkowska avec des médiateurs culturels[3])

En M2, j’ai à nouveau choisi le parcours interculturel. On a abordé des notions comme l’acculturation[4], déculturation[5], le syncrétisme[6], le métissage[7]. Nous avons étudié des religions et des coutumes différentes des nôtres avec de nombreux intervenants venant du Cameroun, de la Nouvelle-Calédonie ou encore de Chine… Nous avons également par les cours de psychologie sociale, travaillé sur les différences entre les classes sociales. 

Chaque année, j’ai effectué un stage plus ou moins long, avec pour le clôturer un rapport en L3 et un mémoire en M1 et M2. Le stage et le thème de nos mémoires étaient très libres, car la culture n’est pas seulement liée aux origines. D’autre part en région parisienne, il y a tellement de mixité sociale et ethnique que dans la plupart des lieux de soins nous devons composer avec cette différence culturelle. 

Ces trois années m’ont amenées à sortir de ma zone de confort, à voir les choses autrement. Non seulement, j’ai appris à analyser les situations d’une autre manière, mais j’ai dû aussi me débattre avec certains de mes préjugés. La notion de « culture » a été pensée depuis des décennies par les sociologues, ethnologues, philosophes… Cela ne concerne pas seulement les différentes origines ou civilisation. D’ailleurs, Françoise Armengaud nous rappelle que la culture s’acquiert : « Étant donné que la culture s’acquiert par apprentissage, les gens ne naissent pas Américains, Chinois ou Hottentots, paysans, soldats ou aristocrates, savants, musiciens ou artistes, saints, chenapans ou moyennement vertueux : ils apprennent à l’être. » Ce propos de T. Dobzhansky (1966) caractérise assez complètement la conception moderne de la culture : elle est acquise, mais d’abord par imprégnation et identification avant de l’être par apprentissage explicite ; elle est transmise généalogiquement et non héréditairement. » [8]

Aujourd’hui, je travaille en tant que psychomotricienne en libéral et en tant que psychologue clinicienne dans une institution proposant des visites médiatisées dans le cadre de la protection de l’enfance. Dans ces deux contextes, je reçois des patients ayant diverses origines et avec des cultures très différentes. 

En tant que psychomotricienne, j’accueille Amir, 6 ans, qui vient de Turquie. Il est diagnostiqué ayant un trouble du spectre autistique. À la maison, la famille parle turc. La mère d’Amir se débrouille bien en français au vu de leur arrivée récente en France. Quand je rencontre Amir, il ne parle pas, il émet juste quelques sons. Puis petit à petit, les babillages apparaissent. Rapidement, on se rend compte avec sa mère qu’il dit des mots en turcs qui se transforme en phrase. Madame est désolée, elle aurait souhaité qu’il parle français. À plusieurs reprises, je la rassure. Je lui rappelle que c’est fantastique qu’Amir arrive à s’exprimer et peu importe la langue qu’il utilise. Le turc est la langue utilisé par les gens avec lesquels il a un lien fort et des émotions intenses, c’est normal qu’il s’en saisisse. Pendant un temps, j’ai proposé des séances mère-enfant, et j’ai appris quelques mots en turc ! Actuellement, nous sommes revenus sur des séances en situation duelle. On travaille avec les pictogrammes et les gestes pour se comprendre et parfois, on utilise même Google traduction vocale ! Ce n’est pas toujours facile, car on ne peut pas rebondir sur ce que l’enfant dit. Mais pour ma part, je suis persuadée que ce n’est pas au patient et à sa famille de s’adapter à ma langue et à mes cultures dans ces moments thérapeutiques. C’est à moi, de trouver des solutions, d’être créative et de les rejoindre là où ils s’en sont de leur acculturation. 

Henri lui a 6 ans, il a un retard global de développement associé à de l’impulsivité et de l’hyperactivité. Les parents d’Henri viennent du Sénégal et sont de confession musulmane. Ils ont très à cœur de s’intégrer dans la « culture occidentale », et sont à l’écoute des conseils que les professionnels peuvent leur donner. Lors de la prise en soin, il y a eu des hauts et des bas. Professionnels de soin, école et parents, on s’est soutenu mutuellement pour trouver des solutions. J’ai proposé des séances enfant-parents. Aujourd’hui, le petit garçon a accès à la parole et il s’est apaisé. Avant les vacances d’été Madame a demandé mon avis concernant la possibilité d’un voyage au Sénégal dans leur village avec Henri (sachant que le petit garçon n’y était jamais allé). La question m’a surprise, car la réponse me semblait évidente. J’ai demandé à Madame ce qui l’inquiétait. Elle m’a répondu qu’elle avait peur que le changement de langue, de coutume, de climat perturbe Henri. Elle avait peur aussi qu’il ne tienne pas en place dans l’avion. Je lui ai alors demandé si ce voyage lui ferait plaisir à elle. Madame m’a répondu que ça lui ferait beaucoup de bien de retourner voir sa famille, et que d’autres personnes pourraient s’occuper d’Henri. J’ai de suite entendu la question du relais face à l’épuisement des aidants. J’ai alors soutenu ce projet et on a préparé le voyage pendant les séances. À travers le dupplo Madame a raconté à son fils comment était la vie là-bas. Ils ont construit la maison du Sénégal Madame a ajouté les animaux qui se trouvent autour (âne, poules…). Avec l’avion dupplo ils ont joué ensemble au départ et à l’arrivée au pays avec les valises. On a aussi dessiné le drapeau du Sénégal. Puis avec Madame, on a imaginé les jeux qu’elle pouvait préparer pour le temps du vol. Le voyage s’est bien passé, Henri est revenu changé. Il parlait mieux, il était moins éparpillés et était davantage dans l’échange et la relation. Les parents sont revenus reposés et plus confiant. Progressivement, Madame s’autorise à me parler des coutumes et traditions de « chez eux ». Par exemple, elle m’a partagé qu’ils ne fêtaient pas Noël, car ce n’était pas leur religion, mais qu’ils faisaient un bon repas en famille. Elle m’a parlé de fêtes musulmanes importantes. Je vois cela comme une invitation de cette famille à me laisser approcher leurs cultures. 

À la suite d’une chirurgie importante au cerveau effectué à Dubaï, Monsieur Rigi a développé une hémiparésie. Afin de recevoir des soins complémentaires, il est rentré en France pour 2 mois. Une psychomotricienne résidant à Dubaï nous a adressé ce patient. Grâce aux réseaux sociaux, un travail d’équipe entre les deux pays s’est mis en place. Mr. Rigi continue à faire des allers-retours entre la France et Dubaï. Nous devons donc coordonner les différents professionnels qui ne sont pas toujours nommés de la même façon entre les deux pays (speech-therapist, occupational-therapist, physiotherapist, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens). Là encore, les différences culturelles sont présentes. Nous n’exerçons pas de la même manière, car d’une part nous n’avons pas tous les mêmes études en fonction des pays, mais d’autre part nos pratiques sont influencées et pensées à travers nos propres filtres culturels. Ainsi compte-rendus, messages et vidéos, permettent de rester en lien, et d’harmoniser au mieux les soins. Cette expérience de travail avec des collègues exerçants à 5000 km est captivante et enrichissante. Même si celle-ci n’est pas encore terminée, je peux dire que cela permit des échanges constructif inter professionnel, mais aussi intra professionnel. 

Conclusion

Mes études m’ont permis de comprendre progressivement qu’on ne peut pas connaître toutes les cultures émanant des multiples acculturations et métissages existants. D’autre part comprendre les cultures d’un autre peuple, demande de les vivre. On ne peut pas l’apprendre à travers les livres qui nous donnent seulement un aperçu des coutumes, des traditions et des mœurs d’un peuple. Par contre prendre conscience des cultures qui m’animent est déjà une tâche compliquée. Être en accord et à l’aise avec celles-ci est encore un autre apprentissage. 
Aujourd’hui, je travaille avec toutes « mes cultures », « mes coutumes ». Quand j’en rencontre de nouvelles, j’essaie de lâcher prise et d’accueillir cette autre manière de faire ou de penser. Pour des familles en manque d’acculturation, je m’efforce de les accompagner à comprendre les nouveaux codes culturels dans lesquels ils vivent aujourd’hui, tout en valorisant la richesse de leur parcours migratoire. 

Pour ce qui est des tests côtés pour les jeunes enfants, nous ne pouvons pas les adapter à chaque ethnie. Il faut être vigilant et garder en tête que le développement de l’enfant peut être impacté par les variations culturelles. 

La complexité de l’être humain l’est d’autant plus par les cultures qu’il acquiert. Cela nous invite en tant que thérapeute à garder l’esprit ouvert, car la pensée n’est pas unique au risque de tomber dans le dogmatisme. Nos cultures façonnent notre identité et comme le dit Bruner (1991) « donne forme à l’esprit » [9]

Cécile CHAU

cecilechaupsychomot@gmail.com

Bibliographie

Bourdin, M. & Larchanché, S. (2015). De l’interprétariat à la médiation en santé mentale : l’expérience du centre Françoise Minkowska. Rhizome, 55(1), 48-54.

Bruner, J. (1991). … car la culture donne forme à l’esprit (Trad. Y. Bonin). Paris : Eschel.

Cuche, D. La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp. 59

Armengaud, F. « CULTURE – Nature et culture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/culture-nature-et-culture/

Ory, P. « HISTOIRE (Domaines et champs) – Histoire culturelle », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-domaines-et-champs-histoire-culturelle/


[1] Institut Thérapeutique Et Pédagogique (institution accueillant des enfants ayant des troubles du comportement.

[2] Pascal Ory, « HISTOIRE (Domaines et champs) – Histoire culturelle », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-domaines-et-champs-histoire-culturelle/

[3] « professionnel bilingue, formé à la confrontation des modèles explicatoires dans la relation de soin […]et au décentrage. » Bourdin, M. & Larchanché, S. (2015). De l’interprétariat à la médiation en santé mentale : l’expérience du centre Françoise Minkowska. Rhizome, 55(1), 48-54.

[4] Selon Robert Redfield Ralph Linton Melville Herskovist « L’acculturation est l’ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact continu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes et qui entraînent des changements dans les modèles (patterns) culturels initiaux de l’un ou des deux groupes. » Denys Cuche, La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp. 59

[5] « En ethnologie, perte d’identité culturelle d’une population, d’une ethnie » (Encyclopédia Universalis)

[6] « Syncrétisme, création d’un nouvel ensemble culturel cohérent et durable » Denys Cuche, La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp. 73

[7] Pour Laplantine et Nouss « Le métissage contrairement au syncrétisme est une composition dont les composantes gardent leur intégrité. Loin de l’idée de symbiose et de totalité unifiée, il tire sa force de son instabilité même. Le métissage n’est pas la fusion, la cohésion mais la confrontation et le dialogue sans cesse en mouvement » Denys Cuche, La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp.75-76

[8] Françoise Armengaud, « CULTURE – Nature et culture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/culture-nature-et-culture/

[9] Bruner, J. (1991). … car la culture donne forme à l’esprit (Trad. Y. Bonin). Paris : Eschel.

Ces patients ici venus d’ailleurs

C’est durant un rendez-vous parents que j’ai pris la décision d’écrire sur le sujet. Après le diagnostic de surdité couplé à une dyspraxie, les parents de Sélim ont traversé la mer dans l’espoir d’offrir les meilleurs soins à leur fils. Aujourd’hui, encore ils se battent avec l’administration pour rester sur le sol français.

Cette famille, dont l’histoire est celle d’un grand nombre de mes patients, pour je ne sais quelle raison m’a particulièrement touchée. La façon de raconter de la maman, la sincérité dans le regard, ou le simple fait de raviver en moi le besoin de réfléchir sur cela.

Je me questionne et j’observe sur ce déracinement, sur la résilience de ces jeunes. Sur l’entraide, l’identification…

Je me souviens de cette jeune ado atteinte de surdité profonde, fraîchement arrivée d’Afrique, sans aucun moyen de communication depuis la naissance. En l’espace d’une année scolaire, elle a commencé à lire le français, à compter et à s’approprier la langue des signes française comme la sienne. L’histoire se répète pour cet autre petit bout de 4 ans dont la maman a fui un mariage forcé. Par voie terrestre, en passant par la Libye, elle est arrivée en France en espérant le meilleur pour son fils. Son envie d’apprendre est incroyable, à chaque séance il ouvre grand les yeux pour ne rien perdre de ce qu’il va se passer.

Les jeunes ont envie d’apprendre ils sont prêt et nous mettent au défi d’être à la hauteur de leur gourmandise de savoir. Leur capacité d’adaptation après un déracinement m’a toujours surpris. Cette résilience était plus faible pour mes patients en maison de retraite. Certains m’ont parlés de leur expulsion de Tunisie ou d’Algérie vers la France où il ne se sont jamais sentis à leur place. Cette douleur se ravivait un peu avec le déménagement en EHPAD souvent contre leur grès.

Dans les instituts ils y a ceux qui retrouvent leur histoire et leur culture dans les autres. J’avais déjà observé cela dans mon lycée (clichés oblige, j’étais en banlieue dans une zep) ou en début d’année les gens se groupaient un peu par ethnie et puis à la fin de l’année par affinité. Bien sur, venir du même endroit avoir une culture, une langue commune, faire partie d’une communauté ou d’un petit groupe rassure. On le voit nous même en voyage avec les « ha vous êtes français ? » qui initie un grand nombre de rencontre et de discussion.

Ce regroupement je ne l’ai observé uniquement chez les ados, un processus de création de l’identité en plus du besoin de réassurance peut être. Cette démarcation n’intervient pas dans les mises en place du lien avec l’adulte, nous faisons d’abords partie du camp des adultes avant toutes autres considérations d’âge de sexe, d’origine… ou plus communément appelé “les vieux”.

Il n’en est pas moins qu’à l’institut ce regroupement nous donne l’occasion de voir naître de belles amitiés. Les influences réciproques des jeunes ne sont pas toujours positives. Parfois on voit naître de beaux moments de partage comme un merveilleux duo de percussion de tambour Malien. Sans oublier tous les moments conviviaux de l’institut où les familles sont invitées à amener de la nourriture. Ce n’est pas ma gourmandise ou ma soif de découverte qui en dira le contraire.

Parfois le handicap demande de renoncer à certaine coutumes, c’est un travail en partenariat avec les parents. Renoncer à utiliser la mains droite quand un jeune dyspraxique gaucher souffre d’utiliser « la main du diable ». Regarder les visages et dans les yeux pour les enfants sourds quand cela est vécu comme un affront dans certaines cultures mais indispensable au déchiffrage de la communication non verbale. En générale une discussion avec la famille en présence de l’enfant suffit à expliquer les choses pour qu’elles soit acceptées.

Il y a aussi toutes ces aberrations de la culture et société française : Pourquoi la fourchette et le couteau alors qu’un enfant IMC mange tellement plus aisément avec les doigts ? Il en existe de toutes les torsions des couverts adaptés. Cela fait une belle métaphore de l’adaptation qu’on leur demande. Vaste débat entre le pragmatique et la bien séance.


Il y a tout ce travail de trouver sa place dans la société française. En tant qu’handicapé, qu’immigré, avec les discriminations qui se multiplient. Cela ferait un bon sujet de mémoire sur l’identité tout ça.

 Amis étudiants à bonne entendeur …

Psychomot en Polynesie francaise

Apres 18 ans dans la marine comme photographe de guerre, quelques tours du monde et quelques guerres, je fini ma carrière en Polynésie française. Je deviens moniteur de plongée, un travail qui me fait découvrir le milieu du soin en accompagnant des jeunes porteurs de handicap mais qui est peu compatible avec ma vie de famille. Je dois me déplacer sur les îles de l’archipel et je travail souvent le week-end au grand désespoir de ma femme qui est infirmière avec autant de contraires professionnelles.

Je décide alors de rentrer à la FAC de médecine de Tahiti qui est une branche de la fac de Bordeaux. Celle ci offrait 2 places de psychomotricité à qui réussirait à se classer. Une fois accepté je m’envole pour la métropole et effectue mes 3 ans d’études à Bordeaux . Je fais un mémoire sur l’eau tout en notant que les références principales traitent de l’exploration de la médiation aquatique uniquement en surface et non sous l’eau.

De retour a Tahiti j’ouvre mon cabinet et continue la plongée à coté, un post en pédopsychiatrie s’ouvre avec la médiation plongée. Je saisi l’occasion et me retrouve à plonger avec des jeunes autistes. Une médiation passionnante qui mériterait son propre article …

L’organisation des soins psychomoteurs n’a pas été aisée en pédopsychiatrie. On se déplaçait pour rencontrer les patients sur différentes îles. Le temps de latence entre deux séances nous a fait choisir un mode de prise en charge basé sur l’éducation thérapeutique du patient et de mini formations avec le personnel et les aidants sur place… quand il y en avait. Le matériel devait rentrer dans un petit sac, c’est alors que l’environnement est devenue ma première source d’inspiration (mer, sable, arbre etc… De plus, en Polynésie française beaucoup de croyances tournent autour de l’eau et de la terre.

Aujourd’hui, j’interviens à l’hôpital en « transversal », c’est à dire que je suis présent sur plusieurs services allant de la chirurgie avec la prise en charge de la rééducation des membres fantôme jusqu’à la néonatalité en passant par la psychiatrie. Un gros travail de sensibilisation et d’explication de mon travail est nécessaire auprès des équipes soignantes, je prends beaucoup de temps pour montrer et expliquer les prises en charges et surtout les résultats de celles-ci.

propos recueillis par Elise

Solidarité: Comment aider sans trop forcer

Tous ces articles sur l’ailleurs, toutes ses missions au bout du monde et ces beaux projets qui se réalisent. C’est géniale, mais voilà, ce n’est pas a la porter de tous, pour des millions de raisons que vous connaissez mieux que moi.

Alors pour ceux qui on envie de soutenir, de mettre leur pierre à l’èdifice de ces projets voici un petit guide pour aider sans s’engager et en se faisant plaisir :

  1. Manger utile

les étudiants sont privilégiés pour ce paragraphe, car souvent dans les IFP les associations vous proposent des plats fait maisons pour un bon prix qui vont les aider a financer leur projet.

Pour nous autres, il y a les restaurant solidaires . Etant parisienne je vous propose 2 adresses sur paris. Si vous taper « restaurant solidaire + ville  » il y a des chances que vous trouver de quoi vous ravir.

la Nouvelle Rotisserie qui est peut être le plus célèbre de tous. Les associations louent la cuisine et les bénévoles cuisinent et vous servent accompagner de musique. Renseignez vous en avance du menu pour venir déguster ce que vous désirez.

le Mam’Ayoka qui est une cooperative de femmes du monde en recherche d’insertion professionnel. Dans la même idées de « cuisinier migrateur » vous trouverez le hazard ludique .

Pour les soirs ou vous ne souhaitez pas sortir armez-vous des applications commes Graapz contre le gaspillage ou de too good to go dans la même idées.

si vous avez d’autre bonne adresse ici ou ailleurs mettez les en commentaire

2. Surfer sur internet

il vous suffit de Télécharger les moteur de recherche écocia avec qui toutes les 15 recherches vous financer la plantation d’un arbre ou lilo ou vous choisissez l’association que vous désirer soutenir.

si votre association est sur ce moteur de recherche mettez le en commentaire.

3. faire des cadeaux

la encore les étudiants sont privilégier car aux seins des IFP les associations vendent des goodies , stylo briquet etc…

Pour des cadeaux un peu plus conséquent vous avez la marque Perus qui en plus de vous proposer de superbes pieces finance la scolarité d’enfant au Pérou. Pour le cadeaux de vos grands parents miser sur un toit pour les abeilles vous aidez alors un producteur de miel et en plus vous recevez tout les mois votre petit pot.

si vous connaissez d’autre entreprise mettez la en commentaire

4. Sortir

Pour cela il faut être a l’affut sur les réseaux sociaux. l’association PAM propose des visites de street art , l’association Pomm et l’association Suyana des spectacle de théâtre d’improvisation parfois vous pouvez trouver des soirées concerts.

5. Partir en vacances

Cela peu paraître étrange mais avec un peu d’information on peut se renseigner pour voyager tout en faisant une bonne action. Par exemple, Au Pérou l‘hostel sol y luna finance le centre de santé du même nom (ils recherchent régulièrement des psychomotriciens bénévoles) . Vous pouvez adopter un corail en Indonésie avec coral gardian ou au Seychelles. Utiliser le site fairb&b pour un logement donc 50% des recettes sont reversée aux initiatives locales et ou la plateforme de mise en relation n’abuse pas de la commission. Cette application est pour l’instant seulement développée en Europe.

Vos activités aussi peuvent avoir un impact positif, se faire masser dans les centre de réinsertion en Thaïlande, manger dans les restaurants d’aide contre la traite des humains sala bai school au Cambodge ou des femmes isolée aux Maroc adresse. et il y en a surement un paquet d’autre

si vous avez d’autre adresse mettez les en commentaire

il y a des millions d’autre façon de vivre en essayant d’avoir un impact positif sur notre environnement. Pour ne pas vous bombarder de références car il y en a un paquet j’ai choisi de simplement vous mettre la to-do-liste d’une blogueuse beauté engagée. C’est un peu « madame tout le monde » donc il est plus facile de s’identifier à elle qu’a d’autre personne ultra engager depuis 10 ans.

PS: vous trouverez plein d’astuce sur l’écologie sur www.cacommenceparmoi.org

Elise

la solidarité internationale en 4 points positifs

On doit bien le reconnaître, nos articles sont  critiques sur la solidarité et l’humanitaire

 solidarité internationale – Oui, mais pourquoi ?

Notre objectif est de casser l’image du génialissime occidental n’écoutant que sont courage et sa bonté pour aller implanter la bonne façon de soigner.

« Aller ! Range les aiguilles acupuncture et ta tisane de plante verte je vais t’expliquer!   » pourrait on dire aux pratiquants de médecines asiatiques.

De mettre en garde contre les organismes qui transforment la solidarité en un business

1 chemin pour 2 parcours

Surtout, de faire réfléchir sur ce pourquoi on part : besoin de fuir une situation problématique, de prendre le temps de réfléchir sur soi , de s’acheter une conscience…

bien choisir sa mission de solidarité internationale

Ainsi que de réfléchir à ce qu’on laisse dernière nous en partant «  des soins psychomoteurs durant 2 mois puis plus rien pendant 10 autres mois ,  Un nouveau psychomotricien tout les mois,  qu’en est-il de la relation thérapeutique, de la confiance et du vécu abandonnique. 

Néanmoins

Loin de nous l’idée de vous couper l’envie d’être solidaire par peur de faire plus de mal que de bien.  Cet article est uniquement consacré aux points positifs de la solidarité internationale.

  1.  Échanger

Il faut bien l’avouer, parfois les professionnels sur place sont souvent débordés et épuisés. Ils nous voient arriver et nous « refilent » plus qu’ils ne nous expliquent les patients à charge.  On est alors considérées comme de la main d’oeuvre gratuite !

Regardons le bon côté des choses. Nous leur offrons un relais, chose qu’ils n’auraient jamais pu se permettre. On connait toutes les dérives que peuvent engendrer l’épuisement professionnel (qui est souvent déjà là même avant notre arrivé). De plus nos interventions sont souvent une maigre réponse dans un désert médicale, est ce mieux que rien? est ce de l’assistanat plutôt que de l’aide? je vous laisse le loisir de méditer. 

Si l’utopie est permise on peut aussi imaginer que petit à petit avec la venue d’une équipe régulière un lien va se créer et progressivement une véritable sensibilité au métier ou simplement à certaines techniques peuvent émerger.

Certaines associations mettent chaque année des fonds de côté pour pouvoir financer une formation aux professionnels sur place. C’est rare mais ça arrive. 

 2. Revaloriser 

Autant les professionnels que les patients. Que ce soit de nous voir, nous les Français avec tout notre savoir , négocier des heures avec Lisa pour qu’elle fasse quelque chose au même titre que n’importe quelle autre personne qui s’est aussi essayé des heures pour faire bouger Lisa. Où encore entendre des « bah c’est bon ! ça je le fait déjà! » lancé par un professionnel sur place.  Ce sont autant de façon de valider leur travail, de les gratifier.

Pour les patients c’est un peu plus complexe, ce qu’il va garder de notre intervention va dépendre du temps que nous restons, de ses capacités cognitives de son investissement dans une relation (qu’il sait) éphémère. Un peu d’attention, de félicitations, de mise en valeur par une personne avec un regard neuf, et bien même si ce n’est qu’une fois ça fait du bien.

3. Se faire connaître 

Mine de rien « I am psychomotor thérapist, I work on the link betwen the body and mind »  On informe on parle de notre métier et en humanitaire on le montre. C’est une voie par laquelle on s’implante, quand une action de création du métier est mise en oeuvre, certaines instances ont déjà entendues parler de la discipline.

4.  M’échanger – Me revaloriser – Me connaître

On part aussi beaucoup pour soi, se tester, se changer, se revaloriser personnellement ou professionnellement et pour apprendre à se connaître. Parce qu’il n’y a que dans un contexte comme celui là où l’on ouvre grand nos canaux sensorielles pour ne pas manquer une miette de découverte.

Elise

Par où commencer ? Psychomotricienne en Guyane française

La psychomotricité, les études, le DE, la soif de découverte, de voyage, de culture, de rencontre, la Guyane, le coup de coeur…?

Pour faire simple, je suis psychomotricienne en Guyane Française depuis maintenant trois ans. Résumer ces trois années me serait bien difficile, mais ce qui en ressort le mieux reste encore ce coup de coeur. Un coup de coeur sincère pour ce petit bout de France en Amérique du Sud, ce département si mal connu et pourtant si riche. Un mélange haut en couleur, entre l’amérique latine et l’afrique, teinté d’un bout d’asie, avec une mixité culturelle à vous faire saliver les voyageurs les plus expérimentés, et tout ça aux portes de l’amazonie, grande et majestueuse…

L’arrivée pourtant n’a pas été si aisée, trouver sa place professionnelle autant que personnelle, se recréer des repères, apprivoiser un nouvel environnement, des nouvelles personnes, un premier poste avec de vrais collègues et de vrais patients aussi. C’est donc auprès d’adultes, au sein d’un SSR, que je me suis lancée dans cette aventure Guyanaise. Le SSR, l’AVC, les neuropathies, les amputations, les PTH et PTG… autant de termes que je connaissais certes, mais sur le papier. Un vague souvenir peut-être de quelques heures de cours sur la prise en charge d’adultes en post AVC, sur l’accompagnement par rapport à l’héminégligence. Mais rien (ou si peu) sur l’impact culturel dans la prise en charge.

Les débuts donc, ont été un peu difficiles. Comment appréhender en tant que jeune professionnelle tout juste diplômée un milieu qui m’est totalement inconnu, des personnes souffrants de pathologies que je ne maîtrise pas, la rencontre avec tant de cultures et de langues parlées différentes (créoles, portugais, espagnol, hollandais, anglais, et des dizaines de dialectes de toutes sortes…). Comment trouver et faire sa place dans une équipe alors que j’ai moi-même du mal à définir mon rôle? Perdue au milieu du plateau technique des kinés, débordée par le nombre exorbitant de patients à voir, aspirée par des tâches, certes humaines mais hors de ma pratique professionnelle…. La théorie dans tout ça, m’a parue bien obsolète et bien pauvre au début. Faire des transferts pour soulager les équipes soignantes, porter les patients dans des espaces exigus pour leur permettre d’être assis au péril de notre dos car nous n’avons ni place ni matériels adaptés, seulement les bras et la motivation des jeunes professionnels que nous sommes. Parce que oui l’équipe est jeune et l’équipe change, beaucoup, souvent, le travail est ingrat et déprimant face à la souffrance. Nous passons plus de temps dans le brancardage, à slalomer entre les seaux disposés un peu partout pour paliers aux différentes fuites d’eau, à nous battre dans l’ascenseur lorsque celui-ci est bloqué, à changer les patients pour que les équipes soignantes n’aient pas à choisir entre la distribution des médicaments et les changes…

Notre métier dans tout ça, nous n’avons ni beaucoup de temps ni d’espace pour le faire, encore
moins pour le faire correctement. Entre l’usine et le dispensaire, la clinique ne fait pas bonne figure.
Mais il faut avancer, continuer et donner. Vous me direz que la psychomotricité est une profession de la relation, qu’il est nécessaire de prendre le temps, que le psychomotricien est à l’écoute, disponible psychiquement etcorporellement, qu’il ne peut pas travailler avec un flux de patients trop important afin d’être présent à chaque moment… c’est vrai, entièrement vrai. Mais alors qu’est-ce que j’aurais dû faire ? ou pu faire ? J’ai tout misé sur l’adaptation, quitte à en oublier un peu le cadre de mon métier, de ma place au début… J’étais la seule psychomotricienne, je n’avais ni salle, ni matériel, ni prescription adaptée. Et malgré une équipe jeune et dynamique, ma place de psychomotricienne n’était absolument pas établie, ni bien connue et comprise d’ailleurs. Et là, et bien, j’ai fait des choix, peut-être pas les meilleurs, mais les seuls qu’y m’étaient accessibles à ce moment là. Le bilan, ce fameux bilan psychomoteur, a été relégué au second plan. Trop long, trop théorique, absolument pas adapté au contexte, pas suffisamment maîtrisé non plus. J’ai cherché des solutions pour me démarquer de mes collègues ergothérapeutes, kinésithérapeutes, orthophonistes… La théorie me semblait bien pauvre et pas assez solide pour pouvoir m’appuyer dessus de façon sécure. C’est dans la relation avec mes patients que je me suis réfugiée. Malgré la barrière de la langue, presque systématique, malgré des cultures parfois diamétralement opposées d’un patient à l’autre (entre haïtiens, créoles, bushinenge, amérindiens, brésiliens, antillais….), malgré des locaux inadaptés…

j’ai finalement fait ma place petit à petit. Et c’est presque sans m’en rendre compte que je suis devenue psychomotricienne. Ce n’est pas, ou pas totalement ce fameux DE, ce bout de papier qui m’a appris le métier, mais bien la relation aux gens, la façon d’être en relation, d’écouter, d’observer, de parler avec et par le corps.

Il m’a fallu ces presque trois ans pour me sentir psychomotricienne, pour me sentir légitime dans une équipe pluridisciplinaire. Nous sommes maintenant 4 psychomotriciens dans la structure et je ressens le besoin de revenir à la théorie. Il me semble maintenant en comprendre l’enjeu réel alors qu’elle me semblait auparavant bien trop éloignée de la pratique que j’ai rencontrée, je me suis presque sentie trahie, abandonnée par cette théorie sur laquelle je n’ai pas réussie à m’appuyer.

Pourtant, en relisant ces lignes, je me rend compte que mon métier de psychomotricienne a toujours
été présent, dès le début, simplement un peu caché derrière des doutes et remises en question de mon identité professionnelle autant que personnelle. L’arrivée en Guyane m’a bouleversée, débusqué dans mes habitudes et mon petit confort. L’installation, la perte des repères, l’éloignement physique de ma famille, la découverte de nouvelleS cultureS, de nouveaux codes sociaux… autant de choses, j’imagine, que la majorité de ceux qui ont fait le choix de partir vivre ailleurs ont connu. Bouleversements des sens et des émotions, avec leurs lots de rires et de larmes, des rencontres, des séparations… Différent d’un voyage, souvent rassurant par sa limitation dans le temps, s’installer dans un ailleurs quel qu’il soit n’est pas toujours aisé mais tellement riche.

Aujourd’hui en Guyane depuis trois ans, Psychomotricienne assumée, j’ai pris un certain recul par rapport au contexte en focalisant mon regard sur les besoins et les manques dans le domaine de la santé, notamment en psychomotricité. Sans avoir les chiffres, la guyane est l’un des département où la population est la plus jeune en France, quelques études ont déjà été menées et ont largement mis en avant un manque évident de professionnels de santé, et un besoin plus que légitime de psychomotriciens. Je fais aujourd’hui partie du bureau de l’Association des Psychomotriciens de Guyane, et lorsque je lis ou que j’entends des témoignages, lorsque je rencontre d’autres psychomotriciens, de près ou de loin, je suis heureuse de voir que nous avons un bel avenir à tracer. Alors malgré une identité professionnelle parfois un peu difficile à assumer, à expliquer simplement, la psychomotricité est un beau métier et d’ici ou d’ailleurs nous devons nous assumer et nous faire
connaître 😉

mathilde.carbonnier@hotmail.fr

Psychomotricienne en Chine

Diplômer en 1992 (oui,  du siècle  dernier)   Je fais partie de premières psychomotriciennes à ouvrir un cabinet en 1995 en île de France puis en Bretagne en 1997 où l’offre de soins des psychomotriciens est encore plus rare.  Deux premières aventures professionnelles très formatrices.  Les contraintes de la construction d’une vie de famille me font partir du cabinet libéral pour travailler en tant que salarié,  passionnée par le travail et le contact des personnes âgées j’exerce en maison de retraite et en M.A.S (Maison d’accueil spécialisé en maladies dégénératives) jusqu’en 2012.

Jusqu’au jour où mon mari a l’opportunité de travailler en Chine, Toute la famille décolle alors pour  Wuhan . Je partais dans l’idée que je ne pourrais pas exercer comme psychomotricienne, en effet, le régime communiste Chinois interdit toute pratique en libérale et le visas de travail répondent à des critères stricts. Cependant je me rends vite compte que les lois sont plus souples qu’en France et qu’il est aisé de négocier avec l’administration chinoise. Cette expatriation est pour moi l’opportunité de m’investir dans une de mes passions « la gastronomie », pendant 1 an je vais assister le chef cuisinier chinois d’un restaurant français pour adapter ses propositions aux saveurs et gout de la population Chinoise. Mais un jour la psychomotricité me rattrape !

Le directeur de l’école d’entreprise française  de mes enfants connait ma formation et m’interpelle. Il veut que je l’aide pour certains enfants,  il me met à disposition du matériel est des salles. En effet, en chine il y a peu d’infrastructure et elles ne sont pas forcément adaptées de plus je n’ai aucun matériel. J’ai alors travaillé 3 ans dans cette structure auprès de la population d’enfants d’expatrier Français. Le travail était très intéressant cependant la distance thérapeutique était compliquer à maintenir car tous les expatrier habitent dans le même quartier, il est alors facile de s’y croiser et de fréquenter les mêmes personnes. De plus, j’étais la seul professionnel de santé dans la zone avec un médecin urgentiste qui ne s’est jamais senti concerné par mon travail,  je me suis senti bien seule pour communiquer mettre en place des aides techniques ou tout simplement et élaborer sur mes suivies.

La majorité des Français venant en Chine recherche une qualité de vie plus aisée qu’en France il est vrai que la vie est moins chère mais cela peu aussi avoir un revers désolant ou les expatrier se renferment sur eux et ne sortent pas de la communauté Francophone. D’autre part vivre de la psychomotricité n’est pas le meilleur projet pour s’enrichir en chine.  La culture est aussi très différentes de la nôtre, la répression du régime communiste se fait sentir dans les échange ou l’on ne se risque pas à parler de politique. Les médias et réseaux sociaux sont différents  Il vous faut un VPN acheté en France et payant tous les mois pour avoir accès  réseaux sociaux comme facebook etc…   

Puis notre famille a été mutée à Shanghai une mégalopole bien plus cosmopolite ou j’ai travaillé auprès du centre de santé  d’Acadomia  Le réseaux de professionnel de soins c’est alors élargies, il y avait des réunions régulièrement et même si nous étions que deux psychomotriciennes sur la ville cela a été  une bouffé d’air frais de pouvoir échanger sur la clinique. De plus j’ai découvert  Motriciquest  un outil en ligne qui m’a été d’une grande aide que j’utilise encore aujourd’hui.  Mon expérience et mes 3 ans à wuhan ont aussi été bénéfique face à mes employeurs, en effet, lorsque l’on est un(e) jeune expatriée on peu-être fragilisée par la masse de chose à découvrir, à comprendre, le besoin rapidement d’établir une situation financière et malheureusement on peut facilement  ce faire marcher dessus. Il ne faut pas hésiter à ouvrir son champs des possible en postulant dans des centres étranger à commencer par des temps partiels etc… En chine la politique avec les expatrier est très cyclique ils peuvent fermer leur frontière puis les ouvris de nouveaux plus tard.

Garder votre éthique professionnelle, rester claire dans sa façon d’exercer et prévoir un peu d’argent de côté pour pouvoir se retourner.

A Shanghai je recevais majoritairement des enfants d’expatrier français, anglais et aussi des enfants chinois à la recherche de soins médicaux différents. Si je me débrouille en anglais et en chinois il me manque un vocabulaire technique important,  je regret  qu’il n’y est toujours pas de cours de langue dans les études de psychomotricité. Cependant si cela pouvait être un frein pour certaine consigne ou pour l’échange avec les parents je me suis rendu compte que le langage est loin de contenir uniquement des mots et n’a pas été une barrière pour mener mes séances.  Comme je ne pensais pas pratiquer la psychomotricité en chine j’ai dû travailler sans matériel au début puis j’ai progressivement acheté ce que j’ai pu trouver sur place,  peu chère mais avec des normes de sécurité loin de celle de France.

Puis un autre défie professionnel c’est présenté à moi,  l’ISRP m’a contacté pour développer la formation des professionnels de santé chinois à la psychomotricité. Notamment des professionnels en neurologie.  Ils m’ont alors tout mis à disposition pour que je puisse élaborer des conférences, des formations principalement sur l’autisme et la gériatrie. La chine s’intéresse de plus en plus aux soins que l’on peut proposer en gériatrie et les professionnels se sont montrés très intéressés et concernés par la psychomotricité.

Enfin, il m’a fallu rentrer en France me réadapter à la lenteur administrative française et ses nombreuses lois qui ralentissent les procédures. J’ai de nouveau ouvert un cabinet de psychomotricité. Tranquillement je prends du recule sur mes années passées en chine, mes petits patients sont très curieux de cette expérience et me demande souvent si les médiations que j’utilise viennent de chine, ce qui n’est majoritairement pas le cas. Les médecines chinoises étaient trop loin de ma pratique et je ne m’y suis pas reconnue dedans. Exception faite en graphomotricité ou j’utilise la calligraphique chinoise. D’ailleurs il y a surement quelque chose à creuser de se coté là: les français écrivent en cursive les anglais en scripte et les chinois en caractère certains des enfants expatriés changeait de mode d’écriture au sein d’une même phrase. La question se pose aussi en termes d’investissement du geste, de l’émotion mise dans ses écritures.  Chères étudiants,  à bon entendeur! Mon travail en chine est  malheureusement rester sans suite car il n’y a pas eu de remplacement au centre de santé, c’est assez désolant surtout après mettre investie et avoir mis  en place plusieurs choses.

D. Valérie

debois.valerie@gmail.com

Propos recueillie par Elise

Abidjan : retour à domicile d’une psychomotricienne

Presentation

Fille d’expatrié français j’ai grandi en Côte d’Ivoire jusqu’au rapatriement de 2004 suite à une période de trouble politique. Ce déracinement précipité me laisse un goût d’inachevé qui me poussera à revenir m’installer près de 10ans après.
J’entame des études de psychomotricité puis j’exerce pendant 6 ans en IME quand finalement le besoin de rentrer prend le dessus. Je quitte paris, pour retourner sur ma terre d’origine où, par chance, ma famille (qui n’est jamais partie) m’accueille. Elle me sera d’une grande aide pour le démarrage de ma vie professionnelle à Abidjan.
La logistique de l’installation du cabinet et la législation .

Aujourd’hui je travaille donc au sein d’un cabinet pluri-disciplinaire de 5 kiné, 5 ostéo, 1 podologue, 1 art thérapeute, 1 musicothérapeute, 1 médecin mésothérapeute, 1 dietéticienne, 1 orthophoniste et 1 psychothérapeute. Je dois m’inscrire sur le registre des métiers comme « kinésithérapeute- psychomotricienne » car le métier n’est pas connu ni reconnu. La loi impose aux professions libérales d’avoir la nationnalité ivoirienne, que je n’ai pas. Je dois donc m’associer à quelqu’un qui est de nationnalité ivoirienne. Pour m’assurer je dois aussi trouver un autre chemin car le métier n’existant pas les assurances me proposent soit des prix exorbitant soit refusent simplement ma demande. De même que pour mon assurance maladie, je dois passer par la caisse des français à l’étranger.

J’ai la chance de rencontrer une psychomotricienne diplômée de Beyrouth installée depuis un an. Elle a déjà fait un travail concidérable d’information, elle m’accueille, m’encourage et me rassure durant l’installation. Je reprends ce travail auprès des écoles, des médecins, des cliniques et des réseaux de paramédicaux. Je reste présente dans les congrés et les forum concernant le soin et le handicap. Ceux-ci se multiplient, on sent vraiment que la santé est un secteur qui prend de plus en plus d’ampleur.

Expérience et culture

Culturellement, notre métier est bien compris de la population car la dichotomie corps-esprit très présente dans l’histoire occidentale l’est beaucoup moins en Afrique. Mais la question du jeu est souvent remise en cause, dans une culture où le travail ou le soin est synonyme de labeur.

Je reçois alors, une patientèle assez variée au niveau des origines (ivoiriens, libanais, français principalement), mais les tarifs pratiqués en libéral me contraignent à cibler une patientèle relativement aisée. Il existe quelques rares centres d’accueil pour enfants handicapés accessibles à tous dans la ville. Ils sont tenus soit, par des ONG, soit par des bienfaiteurs, soit par des religieux. La plupart des personnes porteuses de handicap sont souvent à la charge de la famille.

Le secteur public quant à lui, ne propose pas de poste de psychomotricien ou sous forme de technicien paramédical avec une grille salarial très basse, or le niveau de vie à Abidjan est comparable à celui en occident (pour les expatriés).

La géopolitique du pays n’est pas toujours très stable, l’insécurité et la corruption sont souvent en toile de fond. Il existe une constallation communautés qui se mélangent peu au premier abord. Mais comme partout, avec le temps, des rencontres et des échanges sont tout à fait possible et très enrichissant.

Le handicap est couvert d’une bienveillance de tous ou d’un déni total mais en fonction des communautés il peut résider certains tabous. Pour certains parents, la salle d’attente est une source d’angoisse car ils peuvent être vu et reconnu. Au fil du temps, la salle d’attente est finalement devenu un lieu de rencontre et de partage d’expériences entre les parents (nounou, chauffeurs, fratrie qui accompagnent les enfants).

La mise en place du cadre m’a demandé beaucoup d’énergie et m’a fait beaucoup douté au départ. Mes bilans ont du s’adapter, d’une part car l’étalonnage n’est pas adapté, mais aussi car le mode de vie est différent. Exemple : l’évaluation  des praxies idéomotrices : en France ma question était  » votre enfant sait-il faire ses lacets ou découper sa viande ? » A Abidjan on mange majoritairement avec les doigts et ont porte des tongs. Mes outils de travail sont différents, les pictogrammes, les références temporelles (les saisons ne sont pas les mêmes) le matériel à disposition dans le pays influence aussi sur ce qu’il m’est possible de proposer (bien que des sociétés commencent à s’installer pour représenter des marques de jeux et/ou matériel pédagogique).

Les particularités du libéral : Fléxibilité et adaptation !

J’ai découvert le libéral, avec son lot de surprises.Gérer les planning avec les embouteillages, les inondations, les annulations de dernière minute sont le lot quotidien dans la ville. La distance thérapeutique avec les patients et leur famille parfois déconcertante, il est alors important de savoir parfois l’accepter et parfois repositionner le cadre. La souffrance des parents, des enseignants démunis, et tout ces petits « à côté » que je ne voyais pas en institution.

La difficulté pour certains médecins de pouvoir poser des diagnotiques, laissant les familles dans le flou venant chercher auprès de cette nouvelle discipline, des réponses et des solutions. Il n’est pas facile mais important pour moi de ne pas franchir les lignes blanches du décret de compétence de notre métier.
Le travail me donne l’opportunité de travailler avec une population variée principalement des enfants, présentant des troubles des apprentissages, mais aussi des bébés, des enfants porteurs d’IMC, mais aussi des adultes avec des troubles psychiatriques : une palette variée qui enrichie ma pratique. Le libéral, par rapport à mon expérience en institution me permet un suivi plus global des patients et de leur famille, du lien avec les système scolaire et les différents professionnels qui interviennent autour du projet de soin : de l’annonce du projet à l’atteinte des objectifs ou d’un nouveau projet, une adaptation passionnante aux troubles, aux différentes cultures.

Le cabinet c’est aussi la découverte de la comptabilité et de l’administratif (mais ce n’est clairement pas ma partie préférée !). C’est aussi l’isolement (surtout au début) même si le réseau paramédical se développe. Je suis suivie en supervision à distance par un psychologue clinicien. Cette dernière année, d’autres psychomotriciennes sont arrivées, d’autres orthophonistes et psychologues (belges, colombienne, américaine, françaises ou libanaises) enrichissent le réseau paramédical. Les partages d’expériences sont très intéressants, un réseau de formation et supervision s’est installé entre nous.

Les perspectives

La Côte d’Ivoire se développe également d’un point de vue public, avec la mise en place grâce à une médecin pédopsychiatre d’un centre diagnostique au sein de l’institut nationnal de santé publique. Cela fait maintenant la troisième rentrée scolaire que je fais à Abidjan, aujourd’hui, s’est développé un réseau avec les quelques psychomotriciens au Sénégal, au Gabon, au Cameroun ou au liban, pour permettre aux expatriés qui sont mutés tous les deux ans, d’avoir un suivis de soin malgré les déménagements. Un projet de travail de groupe avec ma collègue art-thérapeute est en train de se mettre en place. Avec une centre artistique et sportif nous avons proposé la première journée « bien- être » en janvier dernier, réunissant les professionnels artisans de produit bio, huiles essentiels, cristaux, bols tibétains, les particiens en thérapies manuelles, art-thérapie, yoga, pilate, conscience corporelle.

« Avant de s’installer dans un pays il est important de prendre un temps pour s’imprégner de la culture de celui-ci car les schémas de prise en charge et de vie appris vont devoir être remaniés. C’est d’ailleurs ce qui rend l’expatriation si forte en émotion et passionnante « 

laurianechatot@gmail.com

 

Témoignage recueille par Elise 

Survivre a la solitude du psychomotricien expatrié

Il faut avouer qu’il n’y à pas besoin d’être le seul être humain dans une jungle sombre et profonde pour que le psychomotricien se sent isolé. Il suffit d’être le seul psychomotricien de la structure dans laquelle on exerce.

Cependant, hors de France  métropolitaine il est difficile de trouver un interlocuteur qui parle le même langage que vous. Appeler vos amis de promotion ou vos anciens collègues pour échanger, élaborer sur vos patients est compliqué. D’une part, par le décalage horaires et d’autre part  si vous avez gardé contact avec eux alors que des kilomètres vous séparent c’est qu’ils sont devenue vos amis. Ils préféreront peut être échanger  sur vos péripéties  plutôt  que sur vos prises en charge (ce qui est le rôle d’un ami en soi) .

Néanmoins, pour répondre à cette solitude nous avons fouillé les quelques solutions qui s’offre a vous: 

Petit rappel théorique : 

groupe d’analyse des pratiques: souvent proposé par une institution  à un service entier pour donner un espace de réflexion sur sa pratique.  l’un des objectifs est de limiter les risques psycho-sociaux comme le « burn out » des professionnels du soin.

groupe de parole : lieu d’échange libre entre différente personne pour parler de son vécu, de son  ressentie. principalement pour des personnes avec peu ou pas de formation proposant une activité pouvant les confronter à des situations difficiles (étudiant, bénévole etc…) 

supervision: Se réalise  en individuel  avec une réflexion sur sa pratique les transferts et contre transferts dans la relation avec le patient.

groupe de travail : Il s’agit d’un ensemble de personnes qui ont en commun un objectif, un projet ou encore la réalisation d’une tâche particulière. Le groupe de travail est compose  d’un ensemble de personne avec un objectif commun ( que ce soi juste un échange de réflexion ou la création de quelque chose comme une publication etc…) 

MotriciQuest

Cette outil en ligne aide à la cotation  et la rédaction des bilans ainsi qu’au suivie des patients . Les donnés peuvent apparaître sous forme de graphisme pour un rendue plus visuel. De plus il a différent mode de payement à l’abonnement ou à l’utilisation.

  • Les points négatifs: seraient  que la tram de bilan n’est pas toujours adaptée et certaines cotations prennent le même temps voir sont plus rapide à faire à  la main.
  • les points positifs:  répond à vos questions sur la cotation de test parfois compliqué. Peut vous  aider à organiser vos idées .

Petit plus : vous pouvez vous faire votre propre avis avec 1 mois d’essai gratuit

La supervision à distance

La supervision est considérée comme une obligation professionnel  pour les  « psy ». Elle  est un  est un choix pour les psychomotriciennes . La supervision est l’accompagnement d’un professionnellement du soin par un psychanalyste sur l’abord de sa  pratique . Les rendez-vous sont pris à l’avance et se déroule par webcam.

  • Les points négatifs : l’interface de l’écran ne  remplace pas  le contact réel et coupe une partie des échanges non verbaux et hors de l’écran . L’offre est limitée.
  • Les points positifs:   permet une analyse de sa pratique de prendre du recule d’élaborer et d’échanger sur les patients avec un professionnel du soins ( les points positif globalement ceux que l’on retrouve dans une supervision classique) 

Les groupes Facebook d’échange sur les pratiques 

Il y a beaucoup de groupe d’information sur l’expatriation en tant que psychomotricien dans différent pays nous les avons répertorier dans la « map monde » de notre page d’accueil. Nous aborderons ici seulement les groupes d’échanges sur les pratiques. 

Echange entre  Psychomot expatriés  :   Groupe fermé de psychomotricien francophone expatrié partout dans le monde qui se veut être un réel groupe d’échange

psychomotricien/ psychomotricienne : groupe de psychomotricien Francophone avec de information mais aussi des questionnements sur les patients.

U.S. Psychomotricity forum :  groupe anglophone de psychomotricien expatrier il y a finalement assez peu d’échange sur la pratique et davantage d’information.

 

  • Point négatif : Facebook n’est pas un plateforme professionnel, il est difficile de s’assurer que tout les personnes qui sont dans  le groupe sont des psychomotriciens . Chacun se doit de rester vigilent sur l’identité de ses patients et la protection du secret professionnel . Les personnes qui vont vous répondre ne connaissent ni le contexte ni l’antériorité du cas que vous allez exposer, de même il y a peu de retour sur la suite de ce qui s’est passer sur un cas exposé.
  • Point positif:  Vous pouvez questionner un grand panel de psychomotricien avec plus ou moins d’expérience. Vous augmenter donc vos chances de réponse et rencontrer quelqu’un qui à déjà vécu votre situation.  La réponses peut aussi concerner un personne qui n’a pas osé poser la question.

petit plus

Beaucoup de groupe de psychomotricien existent,  il est possible qu’il existe un groupe voir plusieurs de psychomotricien dans votre domaine d’activité. (exemple géronto-psychomotricité ou en psychomot’ et psy adulte etc…) 

Les professionnels du soins sur place qui peuvent se réunir 

Il existe de nombreux cas de figure: si la communauté francophone à réussi se mettre en contact  il est possible de faire naître de façon tout à fait simple un groupe de professionnel francophone du soins sans cadre législatif. C’est ce que tente de faire le site soignant dans le monde

Il en va de même avec tous les professionnels du soin non francophone , tout dépend de votre maîtrise de la langue . Toute fois aborder les difficultés lié à l’expatriation dans un cadre professionnel  ne pourront pas être aborder.  Plus rarement ces échanges  sont proposés  par une association ou une institution.

La nature du groupe va dépendre de ce  que  souhait apporter ses membres , un groupe de parole libre, une aide à l’élaboration d’un cas d’un thème etc….

 

 

 

Elise

Regard croisés sur la solidarité internationale : un chemin pour deux parcours

Maud et Jessica, nous partage leurs expériences d’étudiante et de psychomotricienne en solidarité internationale, dans ce témoignage à deux voix plein de sincérité.

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Depuis le lycée,  suite à de vieux démons qui ont marqué mon enfance j’ai ce besoin de comprendre le milieu médical et humanitaire qui m’attire tant.

Les deux milieux ont alors pu se lier quand un homme est intervenu dans ma classe de seconde en nous parlant de l’humanitaire sous toutes ses formes. J’ai levé la main et demandé si les psychomotriciens pouvaient faire de l’humanitaire, l’homme m’a répondu : » bien sûr ! On en cherche beaucoup » j’étais enchantée jusqu’à ce que mon professeur de biologie m’arrête en me disant :  » mais enfin, pour être psychomotricienne il faut un BAC S et pas ST2S » j’ai pris cette phrase comme un défi et obtient mon diplôme en 2014.

En 2011 j’intègre ma première année de psychomotricité, au début de celle-ci, l’association PEA intervient en amphithéâtre pour se présenter. C’est d’abord l’appel du voyage qui m’a attiré, puis les réunions ont confirmé mon intérêt d’autant plus que pas mal de mes amis de promotion se sont aussi investis dans l’association. Avec le recul et malgré les préparations, je pense que je n’étais pas prête pour ce qui m’attendait, je n’avais jamais rencontré réellement de personne en situation de handicap avant cette mission.

Sur place, les handicaps rencontrés étaient assez lourds. Il y avait des cas s’apparentant à de l’hospitalisme, du polyhandicap lourd et peu de moyen humain et de matériel. Les professionnels sur place ont aussi considérés notre arrivée comme un moment où ils pouvaient se décharger des enfants. On pouvait observer des situations de désintérêt et de « maltraitance » de la part des professionnels. Avec pour seul bagage nos cours théoriques. Nous avons vite été mises en  situations. Aujourd’hui, je me dis que partir dès la première année est précipité, la première rencontre avec les institutions doit se faire de façon accompagné comme cela nous les proposé dans notre formation.

Une fois diplômée j’ai cherché à m’investir dans une mission de solidarité avec une amie de ma promotion, Jessica. Nos recherches internet n’étaient pas satisfaisantes, les missions étaient trop chères, pas dans nos intérêt, etc… C’est par le bouche à oreille que nous avons trouvé exactement ce que nous cherchions au centre de Thanh tan   au Vietnam une mission ou nous ne payons que les billets d’avion et ou les psychomotriciennes se succèdent et avec qui nous avons parlé des projets mis en place avant et ceux à penser.

Je ne pensais pas m’engager de nouveau dans une mission humanitaire. Ma troisième année a été très compliquée, mon stage de fin d’étude désastreux, j’ai passé mon année à être observatrice sans pouvoir intervenir dans les séances. J’ai alors perdu toute confiance en moi, en mes capacités à être une bonne professionnel. Envisager que dans quelque mois j’allais devenir psychomotricienne et adulte m’effrayait. J’ai rencontré Maud et nous avons décidé de se projet ensemble. L’idée de fuir la France,  fuir cette année difficile, fuir les jugements sur ma pratique était autant de raisons qui m’ont poussé à investir le projet.

Nous somme partie 6 mois après notre diplôme pour faire du bénévolat 5/7 jours avec des horaires scolaires. L’école spécialisée est tenue par des bonnes sœurs dont les plus anciennes parlent français car elles ont été formées en France. La relation de cette école avec la France est forte, une bonne partie des fonds sont français et de nombreux bénévoles sont francophone (une canadienne physiothérapeute , un médecin luxembourgeois…). Nous proposons principalement des ateliers en groupe autour de jeux, le jeu de type récréatif et le groupe sont deux choses très peu courantes dans les propositions des intervenants Vietnamiens. Nos objectif étaient centré autour du jeu, afin d’aborder la motricité globale, les règles et limites et le travaille en groupe et considérer l’autre et ses choix, la spontaneité aussi qui est très difficile dans ce type de culture)

Nous sommes intervenues auprès d’un public d’enfants déficients intellectuels et polyhandicapés. Nous avons eu deux semaines d’observation et nous préparions les séances avec les bonnes sœurs. Cela m’a énormément rassurée. Puis je me suis rendu compte que Maud avait les mêmes connaissances que moi, sensiblement les mêmes idées j’ai petit à petit repris confiance en moi.

Nous avons aussi proposé deux formations aux enseignants et aux physiothérapeutes sur la psychomotricité et ce qu’elle peut apporter aux enfants accueillis. Les professionnels sur place étaient très en demande car ils se sentaient parfois démunis face à des situations et montraient un grand intérêt aux pratiques françaises.

Ce fut aussi l’occasion pour moi d’expérimenter de nouvelle facette du métier.

Ce fut aussi l’occasion pour moi d’expérimenter de nouvelle facette du métier. La formation des professionnels, mais surtout le travail avec les personnes en situation de polyhandicap. Je n’avais pas eu l’occasion de travailler auprès de cette population durant ma formation.

Il a fallu aussi s’adapter culturellement,  le temps d’aide au repas est considérer comme une besogne qui se doit d’être rapide, souvent faite dans l’urgence. Quand les intervenant ont vu que l’on prenait notre temps pour ce moment, ils nous ont demandés d’arrêter. D’autre part, les instituteurs ont un lien très maternant avec leurs élèves qu’ils accompagnent dans les tâches de la vie quotidienne.

Culturellement j’ai été marquée par le caractère réservé des vietnamiens qui sont pourtant très accueillants. La pauvreté n’est aussi pas ressentie, il n’y a pas de mendicité au Vietnam.

Cette première mission a été une expérience incroyable ou j’ai reçu autant que j’ai pu donner si ce n’est plus. J’ai pu voir une solidarité débordante entre les enfants. Avec le recul je pense qu’il aurait fallu que je parte après avoir pratiqué mon métier qu’elle que temps, en effet nous étions beaucoup accrochées à la théorie et je me servais de mes expériences d’animatrice pour faire des propositions d’atelier .

C’était aussi pour moi, la première fois que je partais aussi loin et aussi longtemps de France. Moi, qui avais peur de devenir une professionnelle et une adulte

Le retour en France a été  violent, j’ai pris un poste en IME et un autre en libéral. Le besoin de rentabilité, la vitesse avec laquelle on doit faire le travail demandé. Le manque de reconnaissance m’a oppressée. L’IME m’a rapidement demandé d’être à la tête du secteur autisme, je me suis senti coincée par les demande de la direction, le management d’équipe pour laquelle je ne suis pas formée et la réalité de la souffrance des jeunes accueillis. Peu soutenue dans ces responsabilités, le travail ne quittait pas mon esprit et m’empêchait de dormir.  Puis petit à petit, je perdais le sens de mon rôle dans mes prises en charge. je détestais cette façon de travailler qui ne correspondait plus à mon éthique professionnelle. J’ai alors décidé de mettre de la distance, beaucoup de distance,  car j’ai pris un billet pour la Thaïlande. 

Le retour en France à été plutôt positif, j’ai postulé à un poste auprès d’un public en situation de polyhandicap. Un poste dans lequel je m’épanouie encore aujourd’hui. Je garde un excellent souvenir de cette mission qui m’a redonnée confiance en mes capacités et m’a aidéà mûrir.

Cette fois-ci mon besoin était de me  questionner, pour me retrouver en tant que professionnel. J’ai choisi de partir dans un refuge pour animaux sauvages. Le format était plus onéreux, le centre le justifiait par les frais de logement, de nourriture et de soins aux animaux.  Ce fut le désenchantement, je travaillais 9 heure par jour 6/7 jours en effectuant un travail très physique avec trop peu de lien avec les animaux, de plus tout le personnel était anglophone et ne faisait pas vraiment d’effort pour s’adapter à mon niveau de compréhension. Après deux jours sur place ils m’ont demandés de former de nouveau arrivant et bien évidemment je me faisais reprendre sévèrement quand je ne comprenais pas. Les conditions de vie était bonne mais le directeur montrait ostensiblement sa richesse, ce qui ajoutait à mon désaccord sur leur façon de concevoir le bénévolat. Si je me doutais bien que je n’étais pas là pour faire des câlins aux animaux, je ne m’attendais pas à être reçue de cette façon, je suis alors partie au bout de 4 semaines au lieu de 7. Bien évidement, sans avoir reçu un quelconque remboursement.

Je suis retournée sur les routes. En Birmanie j’ai rencontré une dame qui m’a proposé de visiter des orphelinats. C’était pour moi l’occasionde ré-ouvrir mes yeux clos de psychomotricienne et de faire éventuellement une analyse des besoins afin de créer un partenariat comme ce que j’ai vécu au Vietnam.  Ma visite des centres a été plutôt surprenante, les encadrants ne prêtaient guerre attention aux enfants qui étaient livrés à eux même, j’ai par exemple vu, un enfant en situation de handicap aider un enfant avec un handicap moteur à manger, j’ai vu un enfant attachés sur  une chaise pour ne pas qu’il déambule et pourtant le personnel ne se disait pas dépassé par la situation. Il faut alors rapprocher cela de la culture Birmane qui considère que le handicap d’un enfant est la dette « céleste » que la famille doit payer et qui génère alors cette absence de soins.

Je pense que je repartirais en Asie. Mon projet n’est pas encore fixe,  si je m’investis de nouveau dans une mission de solidarité ça ne sera pas pour faire de la psychomotricité. En effet, c’est un métier qui est prenant physiquement  et psychiquement. On donne beaucoup de nous à nos patients et on reçoit aussi beaucoup, de la joie certes, mais aussi leur souffrance et leur mal être. Si je m’engage,  ça sera surement pour faire une pause dans ma pratique et découvrir un pays par cette autre porte qu’est le volontariat.

Me voici de retour en France, où j’ai choisi de ne pas pratiquer la psychomotricité de façon classique. En effet, l’idée qui était dans un coin de ma tête a fini de mûrir pour prendre toute la place. Je me suis alors rendu compte que la création m’a toujours attirée, je pensais pouvoir l’exprimer dans le métier de psychomotricienne, mais il s’est avéré que ce n’était pas vraiment le cas. Aujourd’hui j’entreprends de monter un café ludique avec des ateliers pédagogiques et cognitifs.

jessicaleslin@hotmail.fr

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Propos recueillie par Elise