Quels sont les impacts des cultures sur une personne ?

Psychomotricienne et psychologue clinicienne formée à la clinique inter-culturelle et transculturelle.

Étant eurasienne, cette question m’interpelle. Après mon échec aux concours de médecine, j’ai intégré la préparation pour le concours de psychomotricité à l’école catholique de Lyon, avec en double cursus, une licence 1 de psychologie. J’ai été reçu à l’ISRP de Paris, études vers lesquelles je me suis orientée, et j’ai validé ma licence. 

Pendant 3 ans je me suis questionnée sur l’impact des cultures sur le développement de l’enfant de moins de trois ans. Lors de mes stages, j’ai fait des observations qui ne sont pas à généraliser, mais qui m’ont aidé à réfléchir sur cette notion de « culture ». 

En crèche, un petit garçon d’origine japonaise avait comme goûter des petits-pois salés à écosser alors que les autres enfants mangeaient leur pomme pote. La pince utilisée n’était pas du tout la même. Dans le premier cas, le petit garçon utilisait la pince pouce index et sa dextérité digitale était impressionnante pour son âge. Les autres enfants utilisaient principalement une pince palmaire.

Une petite fille d’origine camerounaise marchait à 7 mois, c’est-à-dire plus tôt que la plupart des enfants. Sa mère la portait sur son dos avec un pagne depuis son plus jeune âge. Je me suis demandée, si l’oreille interne avait été sur-stimulée par ce portage, développant ainsi son sens vestibulaire et permettant un meilleur équilibre lors de l’apprentissage de la marche.

Dans la culture occidentale, l’enfant est très vite stimulé sur le versant cognitif: reconnaître les formes, les couleurs à travers des jeux divers et variés, les mobiles au-dessus du berceau…. 

Ces observations succinctes m’ont amené à penser qu’entre 0 et 3 ans la culture à un impact important sur les acquisitions de l’enfant. Après 3 ans, il y aurait comme une harmonisation du développement quelles que soient les cultures. Mais alors qu’en est-il des tests côtés avant 3 ans comme le Vaivre-douret ou le Brunet-Lezine ? Vaste question… Ne faudrait-il pas faire des étalonnages en fonction des différentes ethnies, cultures ? J’ai vite compris que cela était impossible à réaliser vu qu’il existe 139 pays dans le monde et d’autant plus de cultures et d’ethnies. 

En juin 2014, j’ai eu mon diplôme de psychomotricienne. J’ai travaillé en I.T.E.P. [1] pendant 2 ans. J’ai rencontré et accompagné des enfants avec des cultures très différentes de la mienne. Avoir conscience que dans certaines ethnies un enfant qui regarde un adulte dans les yeux peut être considéré comme un manque de respect, nous permet de mieux comprendre certains comportements. Finalement, ce qui nous semble être une attitude de provocation est en fait une difficulté de l’enfant à se situer entre ses différentes cultures. 

tirer du jeux mémomania

Mais qu’est-ce que la culture ?

C’est un concept complexe qui renvoie à une multitude de sens rendant sa définition ardue. Pascal Ory, parle d’un « ensemble de représentations collectives propres à une société. Pour lui, ces représentations sont des phénomènes sociaux, partagés par tous les membres d’un groupe. Ils peuvent être de différentes natures : géographique, démographique, professionnelle, idéologique, confessionnelle… » [2] 

La multiplicité des cultures est une richesse pour notre monde et nous ne pouvons pas toutes les connaître… Je ressentais le besoin d’approfondir ma façon d’aborder ses différences. Après avoir fait des recherches, je me suis inscrite à la faculté de Villetaneuse au vu de leur proposition d’un parcours de psychologie et psychopathologie inter et transculturelle. Avec mon dossier, j’ai pu passer directement en L3 de psychologie.

En L3, parmi les 5 parcours proposés, j’ai choisi le premier : une initiation aux champs de la psychologie clinique et psychopathologique, avec une perspective interculturelle et ayant pour référence la théorie psychanalytique.

En M1, je me suis inscrite dans le parcours interculturel. Les cours ont abordé la pensée psychanalytique, les concepts de psychopathologie, les différents courants sociologiques, anthropologiques et ethnologiques. On nous a présenté la différence entre l’ethnopsychiatrie (courant porté par Georges Devereux et Tobie Nathan puis par Marie-Rose Moro) et la médiation culturelle. (Courant porté en partie par l’association Françoise Minkowska avec des médiateurs culturels[3])

En M2, j’ai à nouveau choisi le parcours interculturel. On a abordé des notions comme l’acculturation[4], déculturation[5], le syncrétisme[6], le métissage[7]. Nous avons étudié des religions et des coutumes différentes des nôtres avec de nombreux intervenants venant du Cameroun, de la Nouvelle-Calédonie ou encore de Chine… Nous avons également par les cours de psychologie sociale, travaillé sur les différences entre les classes sociales. 

Chaque année, j’ai effectué un stage plus ou moins long, avec pour le clôturer un rapport en L3 et un mémoire en M1 et M2. Le stage et le thème de nos mémoires étaient très libres, car la culture n’est pas seulement liée aux origines. D’autre part en région parisienne, il y a tellement de mixité sociale et ethnique que dans la plupart des lieux de soins nous devons composer avec cette différence culturelle. 

Ces trois années m’ont amenées à sortir de ma zone de confort, à voir les choses autrement. Non seulement, j’ai appris à analyser les situations d’une autre manière, mais j’ai dû aussi me débattre avec certains de mes préjugés. La notion de « culture » a été pensée depuis des décennies par les sociologues, ethnologues, philosophes… Cela ne concerne pas seulement les différentes origines ou civilisation. D’ailleurs, Françoise Armengaud nous rappelle que la culture s’acquiert : « Étant donné que la culture s’acquiert par apprentissage, les gens ne naissent pas Américains, Chinois ou Hottentots, paysans, soldats ou aristocrates, savants, musiciens ou artistes, saints, chenapans ou moyennement vertueux : ils apprennent à l’être. » Ce propos de T. Dobzhansky (1966) caractérise assez complètement la conception moderne de la culture : elle est acquise, mais d’abord par imprégnation et identification avant de l’être par apprentissage explicite ; elle est transmise généalogiquement et non héréditairement. » [8]

Aujourd’hui, je travaille en tant que psychomotricienne en libéral et en tant que psychologue clinicienne dans une institution proposant des visites médiatisées dans le cadre de la protection de l’enfance. Dans ces deux contextes, je reçois des patients ayant diverses origines et avec des cultures très différentes. 

En tant que psychomotricienne, j’accueille Amir, 6 ans, qui vient de Turquie. Il est diagnostiqué ayant un trouble du spectre autistique. À la maison, la famille parle turc. La mère d’Amir se débrouille bien en français au vu de leur arrivée récente en France. Quand je rencontre Amir, il ne parle pas, il émet juste quelques sons. Puis petit à petit, les babillages apparaissent. Rapidement, on se rend compte avec sa mère qu’il dit des mots en turcs qui se transforme en phrase. Madame est désolée, elle aurait souhaité qu’il parle français. À plusieurs reprises, je la rassure. Je lui rappelle que c’est fantastique qu’Amir arrive à s’exprimer et peu importe la langue qu’il utilise. Le turc est la langue utilisé par les gens avec lesquels il a un lien fort et des émotions intenses, c’est normal qu’il s’en saisisse. Pendant un temps, j’ai proposé des séances mère-enfant, et j’ai appris quelques mots en turc ! Actuellement, nous sommes revenus sur des séances en situation duelle. On travaille avec les pictogrammes et les gestes pour se comprendre et parfois, on utilise même Google traduction vocale ! Ce n’est pas toujours facile, car on ne peut pas rebondir sur ce que l’enfant dit. Mais pour ma part, je suis persuadée que ce n’est pas au patient et à sa famille de s’adapter à ma langue et à mes cultures dans ces moments thérapeutiques. C’est à moi, de trouver des solutions, d’être créative et de les rejoindre là où ils s’en sont de leur acculturation. 

Henri lui a 6 ans, il a un retard global de développement associé à de l’impulsivité et de l’hyperactivité. Les parents d’Henri viennent du Sénégal et sont de confession musulmane. Ils ont très à cœur de s’intégrer dans la « culture occidentale », et sont à l’écoute des conseils que les professionnels peuvent leur donner. Lors de la prise en soin, il y a eu des hauts et des bas. Professionnels de soin, école et parents, on s’est soutenu mutuellement pour trouver des solutions. J’ai proposé des séances enfant-parents. Aujourd’hui, le petit garçon a accès à la parole et il s’est apaisé. Avant les vacances d’été Madame a demandé mon avis concernant la possibilité d’un voyage au Sénégal dans leur village avec Henri (sachant que le petit garçon n’y était jamais allé). La question m’a surprise, car la réponse me semblait évidente. J’ai demandé à Madame ce qui l’inquiétait. Elle m’a répondu qu’elle avait peur que le changement de langue, de coutume, de climat perturbe Henri. Elle avait peur aussi qu’il ne tienne pas en place dans l’avion. Je lui ai alors demandé si ce voyage lui ferait plaisir à elle. Madame m’a répondu que ça lui ferait beaucoup de bien de retourner voir sa famille, et que d’autres personnes pourraient s’occuper d’Henri. J’ai de suite entendu la question du relais face à l’épuisement des aidants. J’ai alors soutenu ce projet et on a préparé le voyage pendant les séances. À travers le dupplo Madame a raconté à son fils comment était la vie là-bas. Ils ont construit la maison du Sénégal Madame a ajouté les animaux qui se trouvent autour (âne, poules…). Avec l’avion dupplo ils ont joué ensemble au départ et à l’arrivée au pays avec les valises. On a aussi dessiné le drapeau du Sénégal. Puis avec Madame, on a imaginé les jeux qu’elle pouvait préparer pour le temps du vol. Le voyage s’est bien passé, Henri est revenu changé. Il parlait mieux, il était moins éparpillés et était davantage dans l’échange et la relation. Les parents sont revenus reposés et plus confiant. Progressivement, Madame s’autorise à me parler des coutumes et traditions de « chez eux ». Par exemple, elle m’a partagé qu’ils ne fêtaient pas Noël, car ce n’était pas leur religion, mais qu’ils faisaient un bon repas en famille. Elle m’a parlé de fêtes musulmanes importantes. Je vois cela comme une invitation de cette famille à me laisser approcher leurs cultures. 

À la suite d’une chirurgie importante au cerveau effectué à Dubaï, Monsieur Rigi a développé une hémiparésie. Afin de recevoir des soins complémentaires, il est rentré en France pour 2 mois. Une psychomotricienne résidant à Dubaï nous a adressé ce patient. Grâce aux réseaux sociaux, un travail d’équipe entre les deux pays s’est mis en place. Mr. Rigi continue à faire des allers-retours entre la France et Dubaï. Nous devons donc coordonner les différents professionnels qui ne sont pas toujours nommés de la même façon entre les deux pays (speech-therapist, occupational-therapist, physiotherapist, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens). Là encore, les différences culturelles sont présentes. Nous n’exerçons pas de la même manière, car d’une part nous n’avons pas tous les mêmes études en fonction des pays, mais d’autre part nos pratiques sont influencées et pensées à travers nos propres filtres culturels. Ainsi compte-rendus, messages et vidéos, permettent de rester en lien, et d’harmoniser au mieux les soins. Cette expérience de travail avec des collègues exerçants à 5000 km est captivante et enrichissante. Même si celle-ci n’est pas encore terminée, je peux dire que cela permit des échanges constructif inter professionnel, mais aussi intra professionnel. 

Conclusion

Mes études m’ont permis de comprendre progressivement qu’on ne peut pas connaître toutes les cultures émanant des multiples acculturations et métissages existants. D’autre part comprendre les cultures d’un autre peuple, demande de les vivre. On ne peut pas l’apprendre à travers les livres qui nous donnent seulement un aperçu des coutumes, des traditions et des mœurs d’un peuple. Par contre prendre conscience des cultures qui m’animent est déjà une tâche compliquée. Être en accord et à l’aise avec celles-ci est encore un autre apprentissage. 
Aujourd’hui, je travaille avec toutes « mes cultures », « mes coutumes ». Quand j’en rencontre de nouvelles, j’essaie de lâcher prise et d’accueillir cette autre manière de faire ou de penser. Pour des familles en manque d’acculturation, je m’efforce de les accompagner à comprendre les nouveaux codes culturels dans lesquels ils vivent aujourd’hui, tout en valorisant la richesse de leur parcours migratoire. 

Pour ce qui est des tests côtés pour les jeunes enfants, nous ne pouvons pas les adapter à chaque ethnie. Il faut être vigilant et garder en tête que le développement de l’enfant peut être impacté par les variations culturelles. 

La complexité de l’être humain l’est d’autant plus par les cultures qu’il acquiert. Cela nous invite en tant que thérapeute à garder l’esprit ouvert, car la pensée n’est pas unique au risque de tomber dans le dogmatisme. Nos cultures façonnent notre identité et comme le dit Bruner (1991) « donne forme à l’esprit » [9]

Cécile CHAU

cecilechaupsychomot@gmail.com

Bibliographie

Bourdin, M. & Larchanché, S. (2015). De l’interprétariat à la médiation en santé mentale : l’expérience du centre Françoise Minkowska. Rhizome, 55(1), 48-54.

Bruner, J. (1991). … car la culture donne forme à l’esprit (Trad. Y. Bonin). Paris : Eschel.

Cuche, D. La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp. 59

Armengaud, F. « CULTURE – Nature et culture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/culture-nature-et-culture/

Ory, P. « HISTOIRE (Domaines et champs) – Histoire culturelle », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-domaines-et-champs-histoire-culturelle/


[1] Institut Thérapeutique Et Pédagogique (institution accueillant des enfants ayant des troubles du comportement.

[2] Pascal Ory, « HISTOIRE (Domaines et champs) – Histoire culturelle », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-domaines-et-champs-histoire-culturelle/

[3] « professionnel bilingue, formé à la confrontation des modèles explicatoires dans la relation de soin […]et au décentrage. » Bourdin, M. & Larchanché, S. (2015). De l’interprétariat à la médiation en santé mentale : l’expérience du centre Françoise Minkowska. Rhizome, 55(1), 48-54.

[4] Selon Robert Redfield Ralph Linton Melville Herskovist « L’acculturation est l’ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact continu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes et qui entraînent des changements dans les modèles (patterns) culturels initiaux de l’un ou des deux groupes. » Denys Cuche, La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp. 59

[5] « En ethnologie, perte d’identité culturelle d’une population, d’une ethnie » (Encyclopédia Universalis)

[6] « Syncrétisme, création d’un nouvel ensemble culturel cohérent et durable » Denys Cuche, La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp. 73

[7] Pour Laplantine et Nouss « Le métissage contrairement au syncrétisme est une composition dont les composantes gardent leur intégrité. Loin de l’idée de symbiose et de totalité unifiée, il tire sa force de son instabilité même. Le métissage n’est pas la fusion, la cohésion mais la confrontation et le dialogue sans cesse en mouvement » Denys Cuche, La notion de culture dans les sciences sociales. La Découverte, 2010, pp.75-76

[8] Françoise Armengaud, « CULTURE – Nature et culture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/culture-nature-et-culture/

[9] Bruner, J. (1991). … car la culture donne forme à l’esprit (Trad. Y. Bonin). Paris : Eschel.

Psychomotricienne en Chine

Diplômer en 1992 (oui,  du siècle  dernier)   Je fais partie de premières psychomotriciennes à ouvrir un cabinet en 1995 en île de France puis en Bretagne en 1997 où l’offre de soins des psychomotriciens est encore plus rare.  Deux premières aventures professionnelles très formatrices.  Les contraintes de la construction d’une vie de famille me font partir du cabinet libéral pour travailler en tant que salarié,  passionnée par le travail et le contact des personnes âgées j’exerce en maison de retraite et en M.A.S (Maison d’accueil spécialisé en maladies dégénératives) jusqu’en 2012.

Jusqu’au jour où mon mari a l’opportunité de travailler en Chine, Toute la famille décolle alors pour  Wuhan . Je partais dans l’idée que je ne pourrais pas exercer comme psychomotricienne, en effet, le régime communiste Chinois interdit toute pratique en libérale et le visas de travail répondent à des critères stricts. Cependant je me rends vite compte que les lois sont plus souples qu’en France et qu’il est aisé de négocier avec l’administration chinoise. Cette expatriation est pour moi l’opportunité de m’investir dans une de mes passions « la gastronomie », pendant 1 an je vais assister le chef cuisinier chinois d’un restaurant français pour adapter ses propositions aux saveurs et gout de la population Chinoise. Mais un jour la psychomotricité me rattrape !

Le directeur de l’école d’entreprise française  de mes enfants connait ma formation et m’interpelle. Il veut que je l’aide pour certains enfants,  il me met à disposition du matériel est des salles. En effet, en chine il y a peu d’infrastructure et elles ne sont pas forcément adaptées de plus je n’ai aucun matériel. J’ai alors travaillé 3 ans dans cette structure auprès de la population d’enfants d’expatrier Français. Le travail était très intéressant cependant la distance thérapeutique était compliquer à maintenir car tous les expatrier habitent dans le même quartier, il est alors facile de s’y croiser et de fréquenter les mêmes personnes. De plus, j’étais la seul professionnel de santé dans la zone avec un médecin urgentiste qui ne s’est jamais senti concerné par mon travail,  je me suis senti bien seule pour communiquer mettre en place des aides techniques ou tout simplement et élaborer sur mes suivies.

La majorité des Français venant en Chine recherche une qualité de vie plus aisée qu’en France il est vrai que la vie est moins chère mais cela peu aussi avoir un revers désolant ou les expatrier se renferment sur eux et ne sortent pas de la communauté Francophone. D’autre part vivre de la psychomotricité n’est pas le meilleur projet pour s’enrichir en chine.  La culture est aussi très différentes de la nôtre, la répression du régime communiste se fait sentir dans les échange ou l’on ne se risque pas à parler de politique. Les médias et réseaux sociaux sont différents  Il vous faut un VPN acheté en France et payant tous les mois pour avoir accès  réseaux sociaux comme facebook etc…   

Puis notre famille a été mutée à Shanghai une mégalopole bien plus cosmopolite ou j’ai travaillé auprès du centre de santé  d’Acadomia  Le réseaux de professionnel de soins c’est alors élargies, il y avait des réunions régulièrement et même si nous étions que deux psychomotriciennes sur la ville cela a été  une bouffé d’air frais de pouvoir échanger sur la clinique. De plus j’ai découvert  Motriciquest  un outil en ligne qui m’a été d’une grande aide que j’utilise encore aujourd’hui.  Mon expérience et mes 3 ans à wuhan ont aussi été bénéfique face à mes employeurs, en effet, lorsque l’on est un(e) jeune expatriée on peu-être fragilisée par la masse de chose à découvrir, à comprendre, le besoin rapidement d’établir une situation financière et malheureusement on peut facilement  ce faire marcher dessus. Il ne faut pas hésiter à ouvrir son champs des possible en postulant dans des centres étranger à commencer par des temps partiels etc… En chine la politique avec les expatrier est très cyclique ils peuvent fermer leur frontière puis les ouvris de nouveaux plus tard.

Garder votre éthique professionnelle, rester claire dans sa façon d’exercer et prévoir un peu d’argent de côté pour pouvoir se retourner.

A Shanghai je recevais majoritairement des enfants d’expatrier français, anglais et aussi des enfants chinois à la recherche de soins médicaux différents. Si je me débrouille en anglais et en chinois il me manque un vocabulaire technique important,  je regret  qu’il n’y est toujours pas de cours de langue dans les études de psychomotricité. Cependant si cela pouvait être un frein pour certaine consigne ou pour l’échange avec les parents je me suis rendu compte que le langage est loin de contenir uniquement des mots et n’a pas été une barrière pour mener mes séances.  Comme je ne pensais pas pratiquer la psychomotricité en chine j’ai dû travailler sans matériel au début puis j’ai progressivement acheté ce que j’ai pu trouver sur place,  peu chère mais avec des normes de sécurité loin de celle de France.

Puis un autre défie professionnel c’est présenté à moi,  l’ISRP m’a contacté pour développer la formation des professionnels de santé chinois à la psychomotricité. Notamment des professionnels en neurologie.  Ils m’ont alors tout mis à disposition pour que je puisse élaborer des conférences, des formations principalement sur l’autisme et la gériatrie. La chine s’intéresse de plus en plus aux soins que l’on peut proposer en gériatrie et les professionnels se sont montrés très intéressés et concernés par la psychomotricité.

Enfin, il m’a fallu rentrer en France me réadapter à la lenteur administrative française et ses nombreuses lois qui ralentissent les procédures. J’ai de nouveau ouvert un cabinet de psychomotricité. Tranquillement je prends du recule sur mes années passées en chine, mes petits patients sont très curieux de cette expérience et me demande souvent si les médiations que j’utilise viennent de chine, ce qui n’est majoritairement pas le cas. Les médecines chinoises étaient trop loin de ma pratique et je ne m’y suis pas reconnue dedans. Exception faite en graphomotricité ou j’utilise la calligraphique chinoise. D’ailleurs il y a surement quelque chose à creuser de se coté là: les français écrivent en cursive les anglais en scripte et les chinois en caractère certains des enfants expatriés changeait de mode d’écriture au sein d’une même phrase. La question se pose aussi en termes d’investissement du geste, de l’émotion mise dans ses écritures.  Chères étudiants,  à bon entendeur! Mon travail en chine est  malheureusement rester sans suite car il n’y a pas eu de remplacement au centre de santé, c’est assez désolant surtout après mettre investie et avoir mis  en place plusieurs choses.

D. Valérie

debois.valerie@gmail.com

Propos recueillie par Elise

Abidjan : retour à domicile d’une psychomotricienne

Presentation

Fille d’expatrié français j’ai grandi en Côte d’Ivoire jusqu’au rapatriement de 2004 suite à une période de trouble politique. Ce déracinement précipité me laisse un goût d’inachevé qui me poussera à revenir m’installer près de 10ans après.
J’entame des études de psychomotricité puis j’exerce pendant 6 ans en IME quand finalement le besoin de rentrer prend le dessus. Je quitte paris, pour retourner sur ma terre d’origine où, par chance, ma famille (qui n’est jamais partie) m’accueille. Elle me sera d’une grande aide pour le démarrage de ma vie professionnelle à Abidjan.
La logistique de l’installation du cabinet et la législation .

Aujourd’hui je travaille donc au sein d’un cabinet pluri-disciplinaire de 5 kiné, 5 ostéo, 1 podologue, 1 art thérapeute, 1 musicothérapeute, 1 médecin mésothérapeute, 1 dietéticienne, 1 orthophoniste et 1 psychothérapeute. Je dois m’inscrire sur le registre des métiers comme « kinésithérapeute- psychomotricienne » car le métier n’est pas connu ni reconnu. La loi impose aux professions libérales d’avoir la nationnalité ivoirienne, que je n’ai pas. Je dois donc m’associer à quelqu’un qui est de nationnalité ivoirienne. Pour m’assurer je dois aussi trouver un autre chemin car le métier n’existant pas les assurances me proposent soit des prix exorbitant soit refusent simplement ma demande. De même que pour mon assurance maladie, je dois passer par la caisse des français à l’étranger.

J’ai la chance de rencontrer une psychomotricienne diplômée de Beyrouth installée depuis un an. Elle a déjà fait un travail concidérable d’information, elle m’accueille, m’encourage et me rassure durant l’installation. Je reprends ce travail auprès des écoles, des médecins, des cliniques et des réseaux de paramédicaux. Je reste présente dans les congrés et les forum concernant le soin et le handicap. Ceux-ci se multiplient, on sent vraiment que la santé est un secteur qui prend de plus en plus d’ampleur.

Expérience et culture

Culturellement, notre métier est bien compris de la population car la dichotomie corps-esprit très présente dans l’histoire occidentale l’est beaucoup moins en Afrique. Mais la question du jeu est souvent remise en cause, dans une culture où le travail ou le soin est synonyme de labeur.

Je reçois alors, une patientèle assez variée au niveau des origines (ivoiriens, libanais, français principalement), mais les tarifs pratiqués en libéral me contraignent à cibler une patientèle relativement aisée. Il existe quelques rares centres d’accueil pour enfants handicapés accessibles à tous dans la ville. Ils sont tenus soit, par des ONG, soit par des bienfaiteurs, soit par des religieux. La plupart des personnes porteuses de handicap sont souvent à la charge de la famille.

Le secteur public quant à lui, ne propose pas de poste de psychomotricien ou sous forme de technicien paramédical avec une grille salarial très basse, or le niveau de vie à Abidjan est comparable à celui en occident (pour les expatriés).

La géopolitique du pays n’est pas toujours très stable, l’insécurité et la corruption sont souvent en toile de fond. Il existe une constallation communautés qui se mélangent peu au premier abord. Mais comme partout, avec le temps, des rencontres et des échanges sont tout à fait possible et très enrichissant.

Le handicap est couvert d’une bienveillance de tous ou d’un déni total mais en fonction des communautés il peut résider certains tabous. Pour certains parents, la salle d’attente est une source d’angoisse car ils peuvent être vu et reconnu. Au fil du temps, la salle d’attente est finalement devenu un lieu de rencontre et de partage d’expériences entre les parents (nounou, chauffeurs, fratrie qui accompagnent les enfants).

La mise en place du cadre m’a demandé beaucoup d’énergie et m’a fait beaucoup douté au départ. Mes bilans ont du s’adapter, d’une part car l’étalonnage n’est pas adapté, mais aussi car le mode de vie est différent. Exemple : l’évaluation  des praxies idéomotrices : en France ma question était  » votre enfant sait-il faire ses lacets ou découper sa viande ? » A Abidjan on mange majoritairement avec les doigts et ont porte des tongs. Mes outils de travail sont différents, les pictogrammes, les références temporelles (les saisons ne sont pas les mêmes) le matériel à disposition dans le pays influence aussi sur ce qu’il m’est possible de proposer (bien que des sociétés commencent à s’installer pour représenter des marques de jeux et/ou matériel pédagogique).

Les particularités du libéral : Fléxibilité et adaptation !

J’ai découvert le libéral, avec son lot de surprises.Gérer les planning avec les embouteillages, les inondations, les annulations de dernière minute sont le lot quotidien dans la ville. La distance thérapeutique avec les patients et leur famille parfois déconcertante, il est alors important de savoir parfois l’accepter et parfois repositionner le cadre. La souffrance des parents, des enseignants démunis, et tout ces petits « à côté » que je ne voyais pas en institution.

La difficulté pour certains médecins de pouvoir poser des diagnotiques, laissant les familles dans le flou venant chercher auprès de cette nouvelle discipline, des réponses et des solutions. Il n’est pas facile mais important pour moi de ne pas franchir les lignes blanches du décret de compétence de notre métier.
Le travail me donne l’opportunité de travailler avec une population variée principalement des enfants, présentant des troubles des apprentissages, mais aussi des bébés, des enfants porteurs d’IMC, mais aussi des adultes avec des troubles psychiatriques : une palette variée qui enrichie ma pratique. Le libéral, par rapport à mon expérience en institution me permet un suivi plus global des patients et de leur famille, du lien avec les système scolaire et les différents professionnels qui interviennent autour du projet de soin : de l’annonce du projet à l’atteinte des objectifs ou d’un nouveau projet, une adaptation passionnante aux troubles, aux différentes cultures.

Le cabinet c’est aussi la découverte de la comptabilité et de l’administratif (mais ce n’est clairement pas ma partie préférée !). C’est aussi l’isolement (surtout au début) même si le réseau paramédical se développe. Je suis suivie en supervision à distance par un psychologue clinicien. Cette dernière année, d’autres psychomotriciennes sont arrivées, d’autres orthophonistes et psychologues (belges, colombienne, américaine, françaises ou libanaises) enrichissent le réseau paramédical. Les partages d’expériences sont très intéressants, un réseau de formation et supervision s’est installé entre nous.

Les perspectives

La Côte d’Ivoire se développe également d’un point de vue public, avec la mise en place grâce à une médecin pédopsychiatre d’un centre diagnostique au sein de l’institut nationnal de santé publique. Cela fait maintenant la troisième rentrée scolaire que je fais à Abidjan, aujourd’hui, s’est développé un réseau avec les quelques psychomotriciens au Sénégal, au Gabon, au Cameroun ou au liban, pour permettre aux expatriés qui sont mutés tous les deux ans, d’avoir un suivis de soin malgré les déménagements. Un projet de travail de groupe avec ma collègue art-thérapeute est en train de se mettre en place. Avec une centre artistique et sportif nous avons proposé la première journée « bien- être » en janvier dernier, réunissant les professionnels artisans de produit bio, huiles essentiels, cristaux, bols tibétains, les particiens en thérapies manuelles, art-thérapie, yoga, pilate, conscience corporelle.

« Avant de s’installer dans un pays il est important de prendre un temps pour s’imprégner de la culture de celui-ci car les schémas de prise en charge et de vie appris vont devoir être remaniés. C’est d’ailleurs ce qui rend l’expatriation si forte en émotion et passionnante « 

laurianechatot@gmail.com

 

Témoignage recueille par Elise 

Un Psychomotricien au Mali

Il est important de souligner que Bakary Coulibaly qui donne ici son témoignage fait appel à la solidarité car par manque de moyens à l’heure actuelle sa salle de psychomotricité n’est pas fonctionnelle. Une première cagnotte a permis de construire les fondations et les murs de la salle, il manque encore le toit, le crépit, la peinture, la fenêtre et la porte, un sol convenable, et bien sûr un peu de matériel. 

Si vous souhaitez le soutenir, vous pouvez interpeller Pauline  son contact en France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Un grand MERCI à Pauline qui a fait le lien avec Bakary Coulibaly. Avant de plonger dans l’histoire professionnelle de Bakary Coulibaly, arrêtons-nous sur l’histoire de Pauline avec le Mali.

 »  C’est lors d’un de mes séjours à Bamako en 2011 que j’ai rencontré Bakary. L’association POMM (Psychomotricité et Ouverture sur le Monde du Maternage) faisait partir il y a quelques années des étudiants de l’école de la Pitié-Salpêtrière à Bamako, pour intervenir à la pouponnière et à l’AMALDEME aux côtés de Bakary. Je ne suis pas partie dans ce cadre, mais sachant cela j’en ai profité pour aller le voir alors que j’étais en stage en psychiatrie à Bamako après mon DE. Nous sommes restés en contact depuis et nous nous voyons dès que je séjourne au Mali. Malheureusement , POMM n’a plus envoyé d’étudiants depuis cette même année à cause de la crise qui a touché le pays début 2012. Espérons que ce partenariat puisse bientôt se remettre en place ! Bakary mérite vraiment que son projet aboutisse. »